Le pays affronte difficilement sa crise économique

Argentine: Nuit de pillages et de violences

Buenos Aires, 19 décembre 201 (APIC) Des scènes de pillage et de violences sont de plus en plus fréquentes en Argentine, pays actuellement secoué par une terrible crise économique en raison des restrictions imposées par le gouvernement.

La crise économique qui afflige l’Argentine continue d’alimenter le mécontentement de la population, désormais au bord du désespoir. Un millier de personnes ont littéralement pris d’assaut hier soir, vers 21h, cinq supermarchés de Concepción de Uruguay, dans la province de Entre Ríos (320 kilomètres de Buenos Aires). Les gens se sont appropriés les produits alimentaires ainsi que les autres types de produits, des vélos aux appareils électroménagers.

Deux heures plus tard, les magasins étaient pratiquement vides. Les forces de police, qui étaient occupées à contenir des désordres dans la localité voisine de Concordia, sont arrivées vers 2h du matin, alors que des actes de vandalisme et de violence avaient déjà eu lieu.

Dans la ville de Cordoba, la seconde du pays, la foule a pris d’assaut et saccagé les locaux de la mairie un peu plus tard ce matin. Peu de temps avant les incidents de la nuit dernière, le chef de l’Etat Fernando de la Rua avait minimisé les incidents de ce genre, qui se produisent depuis quelques jours. «Certains individus pourraient vouloir déstabiliser la situation à des fins politiques» avait affirmé le président, ajoutant que la situation était «sous contrôle».

La crise économique argentine s’aggrave de jour en jour. Le chômage a atteint 20 pour cent, les salaires, du secteur public comme du secteur privé, ont été réduits de 20 à 40 pour cent. De nombreux fonctionnaires sont impayés ou perçoivent des salaires fractionnés durant le mois.

L’Etat doit au système sanitaire (à travers l’office public PAMI qui coordonne les services au public) environ 120 millions de dollars. Pour cette raison, les centres de soins, les hôpitaux et les pharmacies ont suspendu leurs services aux affiliés du PAMI (dont la plupart sont retraités). Cette mesure touche gravement les personnes âgées qui, avec leurs maigres retraites, ne sont pas en mesure d’acheter leurs médicaments ni de payer l’assistance médicale dont ils ont besoin. (apic/mna/pr)

19 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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