Argentine: Plainte contre un évêque pour «apologie du crime»
Mgr Baseotto a recommandé de «jeter un ministre à la mer»
Buenos Aires, 24 février 2005 (Apic) L’évêque des armées argentines, Mgr Antonio Juan Baseotto, fait l’objet d’une plainte pour «apologie du crime». Cela pour avoir ni plus ni moins recommandé de «jeter à la mer avec une pierre au cou» un ministre publiquement favorable à l’avortement, indique une dépêche d’agence, qui cite des source judiciaire à Buenos Aires.
L’évêque encourt jusqu’à un an de prison ferme. La plainte, déposée par le célèbre avocat constitutionnaliste Ricardo Monner Sans, a été transmise à la juge Maria Servini de Cubria. Celle-ci devra déterminer s’il y a lieu de poursuivre ou non le prélat.
L’avocat Monner Sans a souligné dans sa plainte que les propos de Mgr Baseotto rappelaient une forme d’homicide parmi «les plus perverses, rappelant des pratiques utilisées dans la République argentine aux temps de l’horreur militaire».
L’avocat, spécialiste des causes médiatiques, faisait référence aux «vols de la mort» de la dernière dictature militaire (1976-1983), durant lesquels des opposants étaient jetés vivants dans la mer depuis des hélicoptères, sous le regard d’aumôniers militaires.
Le ministre de la Santé Gines Gonzalez Garcia, médecin de formation, s’est prononcé à plusieurs reprises pour une libéralisation de l’avortement. L’interruption volontaire de grossesse n’est actuellement admise en Argentine que si la vie de la mère est en danger ou en cas de viol d’une mère débile mentale.
L’association des Mères de la Place de Mai, symbole de la résistance à la dictature, a accusé Mgr Baseotto d’être «l’un des évêques complices du génocide» (des opposants aux militaires). «Ce sont les mêmes qui réconfortaient ceux qui revenaient de jeter vivants nos enfants depuis les avions dans les eaux obscures, en leur disant qu’ils réalisaient l’oeuvre de Dieu», a-t-elle accusé dans un communiqué. (apic/ag/pr)



