Argentine: Premier procès après l’annulation des lois du pardon
L’Argentine fait face à son passé et à ses «desaparecidos»
Buenos Aires, 21 juin 2006 (Apic) Le procès de l’ancien officier de la «Policía Bonaerense», Miguel Etchecolatz, accusé de crimes de contre l’humanité durant la dernière dictature militaire (1976-1983), s’est ouvert au tribunal fédéral de La Plata, à 60 kilomètres au Sud de Buenos Aires.
Ce procès marque une étape historique pour l’Argentine car il est le premier depuis l’annulation des lois du Point final et de l’Obéissance due – une annulation voulue par le président Nestor Kirchner – qui ont garanti pendant des années l’impunité à un millier d’anciens dignitaires du régime accusés de violations des droits humains contre leurs opposants.
Etchecolatz, 77 ans, doit répondre de 6 homicides, de plusieurs cas de disparitions forcées et de tortures infligées aux prisonniers politiques. L’ancien commissaire a déjà purgé en assignation à résidence une condamnation à 23 ans de réclusion pour de graves crimes commis alors qu’il était responsable de 21 centres de détention clandestins de la province de Plata et membre de la police de Buenos Aires (»Bonaerense»).
Plus de 130 témoins seront appelés à la barre, dont l’ex-président Raúl Alfonsín, premier président démocratiquement élu après la chute de la dictature de 1983 à 1989, et María Estela Martínez de Perón, dont le gouvernement fut en 1974 renversé par les militaires.
Au moins 200 anciens soldats assignés à résidence attendent d’être convoqués au tribunal, grâce à l’élimination desdites «lois de pardon» décidée en 2003 par le Parlement et ratifiée en 2005 par la Cour suprême.
La semaine prochaine, un autre ex-policier, Julio Simón, alias «el turco Julián» sera jugé pour les enlèvements de l’étudiante Gertrudis Hlaczik, du Chilien José Liborio Poblete et de la petite Claudia Poblete, 8 mois, donnée à la famille d’un militaire en retraite en 1976. (apic/misna/pr)




