Un autochtone béatifié, fils d’un chef mapuche
Argentine: Première béatification célébrée en Argentine
Chimpay, Argentine, 12 novembre 2007 (Apic) L’Église catholique a béatifié un autochtone d’Amérique du Sud, Ceferino Namuncura, fils du légendaire chef mapuche Manuel Namuncura. Il est devenu bienheureux au cours d’une cérémonie célébrée dimanche 11 novembre dans la ville natale de Chimpay, à 850 km de Buenos Aires. La cérémonie a été célébrée par Mgr Tarcisio Bertone.
Plus de 100’000 pèlerins se sont déplacés pour assister à la cérémonie de béatification de Ceferino Namuncura, tenue en dehors de Rome, à Chimpay, à 850 km au sud-ouest de Buenos Aires, célébrée par le secrétaire d’État du Vatican, Mgr Tarcisio Bertone. Le cardinal Bertone a ouvert la messe en lisant en espagnol et en mapuche le décret de béatification du pape Benoît XVI. «Ceferino n’oublia jamais qu’il était un Mapuche. En réalité, il avait pour idéal de servir son peuple», a-t-il déclaré devant de nombreux fidèles portant des ponchos traditionnels.
Ceferino Namuncura est mort de la tuberculose en 1905 à Rome. Il avait alors 18 ans et se préparait à devenir prêtre. Son procès en béatification a débuté en 1944. Sa vertu chrétienne a été reconnue en 1973, mais le Vatican ne lui a officiellement attribué un miracle, nécessaire au processus de béatification, qu’en juillet dernier.
L’Église catholique a reconnu le caractère de miracle à la guérison sans explication du cancer de l’utérus de Valeria Herrera, une jeune Argentine qui avait prié Ceferino en 2000. Né le 26 août 1886, Ceferino est le fils du légendaire chef mapuche Manuel Namuncura qui gouverna l’un des deux grands royaumes autochtones d’Argentine. Ce dernier s’était rendu après des années de lutte contre les Espagnols, afin d’éviter un massacre. À l’âge de 11 ans, Ceferino demanda à son père, alors vieux et humilié, la permission d’aller étudier à Buenos Aires pour «pouvoir être utile à sa race», selon les historiens. Il devint élève d’un collège religieux, où il excella dans le chant aux côtés de Carlos Gardel, le plus célèbre chanteur de tango argentin.
Ceferino, qui se destinait à la prêtrise, fut remarqué pour sa foi par le vicaire de Patagonie, Mgr Juan Cagliero. Il fut présenté au pape Pie X à Rome en 1904. Mais, atteint de tuberculose, il y meurt l’année suivante.
Baptisé par un prêtre salésien en 1888
Sa dépouille a été rapatriée en 1924. Elle repose dans la province de Buenos Aires, et non à Chimpay, une ville de 6000 habitants où il n’y a plus de Mapuche. Les Mapuches, qui peuplaient l’Argentine et le Chili, ne sont plus que quelques dizaines de milliers, à la suite de la conquête de la Patagonie par les Espagnols et les massacres qui ont suivi, au 20e siècle.
Chimpay, village de 4000 habitants, est le lieu où naquit Ceferino le 26 août 1886, sept ans après la fin de la «Campagne du désert», un vrai génocide mené par le général argentin Julio Argentino Roca contre les indigènes de la Patagonie. Le père de Ceferino, le «cacique» (chef suprême) Manuel Namuncura, avait combattu contre Roca et était descendant du légendaire «cacique» Calfucura, qui avait résisté tout au long de l’avancé des «Blancs» vers le sud.
Ceferino fut baptisé lorsqu’il avait deux ans par un prêtre salésien ami de son père. Il fit ses études dans un collège salésien et, en ayant manifesté le désir de devenir prêtre, en 1904 vint à Rome pour continuer ses études. De santé fragile, il meurt de tuberculose le 11 mai 1905, avant ses 19 ans. On dit que le Pape Pie X, qu’il avait connu, dit avec tristesse : ’’ Il était une belle espérance pour les missions de la Patagonie, mais maintenant il sera leur protecteur ’’. Benoît XVI a autorisé la publication du décret de béatification, le 6 juillet dernier (apic/ag/vb)



