Détruire les murs

Argovie: Messe célébrée par Mgr Jacques Gaillot, évêque français déplacé par le Vatican

Hägglingen AG, 29 avril 2008 (Apic) Mgr Jacques Gaillot, l’évêque français privé de diocèse par le Vatican en 1995, a célébré l’Eucharistie le 27 avril à Hägglingen dans le canton d’Argovie. Il était l’invité du groupe de travail oecuménique.

Dans l’entretien qui a mis fin à sa visite, il s’est dit reconnaissant de la mesure prise par le Vatican à son égard, car elle lui donne une liberté insoupçonnée. «Je me réjouis de voir les bancs vides de l’église» a-t-il déclaré dans ses mots de bienvenue prononcés dans l’église de Hägglingen pas tout à fait pleine. Ils font penser à ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une église. Et c’est justement pour eux que Jésus est venu dans le monde, a-t-il précisé.

Croire veut dire lutter

L’ancien évêque d’Evreux vit aujourd’hui à Paris et s’engage en faveur des personnes marginales. Il accompagne par exemple des sans papiers dans les services administratifs. S’il avait dû continuer à assumer les nombreuses tâches d’un évêque diocésain, cela ne lui serait guère possible, a-t-il souligné.

Il a rappelé que, pour Jésus, «pratiquer la foi» n’est pas une pratique religieuse, mais être au service de ses proches. C’est pourquoi: «Lorsque des personnes luttent contre la faim ou contre les exportations d’armes, je leur dis: vous vivez, comme Jésus, comme Dieu, le veut.»

Nouveaux murs

Dans son homélie, Mgr Gaillot a souligné que Dieu habite au coeur de chaque être humain. Il faut toutefois aller avant tout à la rencontre des autres, en particulier des plus défavorisés. Dieu aime détruire les murs, a-t-il affirmé. Mais aujourd’hui les hommes ont tendance à ériger de nouveaux murs en différents endroits: à la frontière israélo-palestinienne, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, ou en Afrique du Nord afin d’empêcher l’émigration des pauvres d’Afrique vers l’Europe.

Mgr Jacques Gaillot a aussi demandé de détruire les murs qui séparent les religions, les cultures, les peuples et les races. Il a encore appelé à s’unir pour surmonter l’impuissance de chacun: «Laissez-nous faire le peu que nous pouvons faire. Laissez-nous agir ensemble. Et personne ne doit se sentir coupable s’il ne peut pas tout faire.» (apic/gs/js)

29 avril 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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