Le pape s’était proposé de lui rendre visite début juillet
Arménie : Décès du patriarche Karékine Ier
Erevan, 29 juin 1999 (APIC) Le patriarche Karékine Ier, 131e catholicos suprême de l’Eglise apostolique arménienne, au chevet duquel Jean Paul II avait voulu se rendre le 18 juin, à l’issue de sa récente visite en Pologne, est décédé mardi des suites d’un cancer de la gorge. Il était âgé de 67 ans.
Le catholicos arménien, qui était venu au Vatican en décembre 1996 pour signer un accord historique entre son Eglise – séparée de Rome – et l’Eglise catholique romaine, aurait dû recevoir le pape du 2 au 4 juillet prochains. Dans la première semaine de juin, on annonçait le report de cette visite en raison de l’état de santé critique de Karékine 1er, opéré quelque temps auparavant aux Etats-Unis.
Le 14 juin dernier, durant son voyage en Pologne, Jean Paul II annonçait son intention de se rendre malgré tout au chevet du patriarche le 18 juin, avant son retour à Rome, mais il avait dû y renoncer, lui aussi pour raison de santé. Jean-Paul II avait dû se résoudre à se faire représenter en Arménie par le cardinal Edward Cassidy. président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, qui était attendu à Erevan du 1er au 3 juillet. On ignore si cette visite aura lieu.
Fin d’une scission
L’élection de Karékine Ier à la tête de l’Eglise apostolique arménienne, le 5 avril 1995 à Etchmiadzin, par un Concile général regroupant les 45 évêques arméniens et plus de cent représentants des prêtres et des laïcs, avait mis fin à une scission qui divisait cette Eglise depuis 1956. Une partie du clergé et des fidèles de la diaspora s’était détachée du patriarcat d’Etchmiadzin, lui reprochant une attitude trop complaisante face au régime communiste soviétique, pour se rattacher au patriarcat de Cilicie établi à Antélias, au Liban, après le génocide des Arméniens par les Turcs en 1915.
Mgr Karékine Sarkissian était né en 1932 au nord de la Syrie. Il avait étudié notamment à Oxford et avait été actif dans les communautés arméniennes de la diaspora aux Etats-Unis, en Iran et en Inde. Il fut également à cette époque observateur au Concile Vatican II. Il passe pour un inspirateur du mouvement œcuménique au sein des Eglises arméniennes. De 1975 à 1983, il avait été vice-président du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Genève. De 1983 à son élection à Etchmiadzin, il avait été catholicos de Cilicie résidant à Antélias (Beyrouth).
Une Eglise indépendante
L’Eglise apostolique arménienne compte environ 3,5 millions de fidèles en Arménie, et autant dans des communautés importantes dispersées en Russie, en Géorgie, au Moyen-Orient, en Amérique et en Europe. Il s’agit d’une Eglise indépendante depuis 506, année où un synode arménien avait rejeté les conclusions du Concile de Chalcédoine (451). De son côté, l’Eglise catholique arménienne est née au XVIIIe siècle du ralliement à Rome d’une notable partie des Arméniens, qui ont conservé leur rite. Elle a son siège patriarcal à Beyrouth (Liban) et rassemble quelque 250’000 fidèles en Arménie, au Liban et en Syrie.
Le 13 décembre 1996, Jean Paul II et Karékine Ier avaient signé au Vatican une déclaration commune mettant fin à quinze siècles de querelle théologique sur la nature du Christ. Cette querelle était née au Concile de Chalcédoine en 451, qui avait défini la nature humaine et divine du Christ en une seule personne, tandis que des Eglises, dont l’Eglise arménienne, inspirées par la théologie monophysite, soutenaient au contraire l’unicité de la nature divine du Christ. (apic/cip/ba)




