De notre envoyée spéciale, Sophie de Ravinel
Arménie: Les frères chrétiens de l’Arménie accueillent le pape.
Erevan, 25 septembre 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II est arrivé le 25 septembre à Erevan, capitale de l’Arménie, «comme un pèlerin en voyage spirituel». Il a été officiellement accueilli à l’aéroport par le président de la république, Robert Kotcharian et par le catholicos Karekin II, patriarche des arméniens apostoliques. Dans ses salutations, le pape a tout de suite évoqué les arméniens de la diaspora et Karekin II, les arméniens du Nagorni-Karabakh, l’enclave arménienne de l’Azerbaïdjan. Le pape avait auparavant quitté le Kazakhstan.
«Je voudrais étendre mon salut aux milliers d’arméniens répartis dans le monde», a affirmé Jean Paul II lors de la cérémonie d’accueil très officielle où seuls des diplomates et des autorités chrétiennes ont été invités. «Ces Arméniens restent fiers de leurs racines et de leur identité, a-t-il poursuivi, et ils regardent aujourd’hui vers leur terre d’origine avec orgueil et satisfaction».
Le pape a par ailleurs rendu hommage aux arméniens qui «gardent avec zèle la mémoire de leurs nombreux martyrs. Le martyre qui est une marque distinctive de l’Eglise et du peuple arméniens».
Il a enfin appelé les responsables civils du pays, «à poser le progrès social devant tout autre intérêt partial. Et cela est vrai surtout dans l’urgente recherche de la paix dans la région. Pour parvenir à la paix, a poursuivi Jean Paul II, les forts doivent faire preuve de magnanimité». Le Nagorni-Karabakh, est essentiellement constitué d’Arméniens mais est revendiqué par l’Azerbaïdjan et occupé de force par les Arméniens depuis le début des années 90.
Dans son propre discours, Karekin II, entièrement vêtu de noir et coiffé de la traditionnelle capuche noire pointue, a fait allusion à cette région. Il a en effet expliqué au pape que son voyage «coïncide avec cette année de jubilé durant laquelle l’entière nation arménienne, en Arménie, au Nagorni-Karabakh et dans la diaspora, fête à la fois le 1700 ème anniversaire de son baptême et le dixième anniversaire des républiques libres de l’Arménie et du Nagorni-Karabakh». Le catholicos a souhaité que ce voyage sur «la terre sacré de l’Arménie», puisse «permettre à nos Eglises de renforcer leurs relations».
Après que le président, à son tour, ait prononcé un mot de bienvenue et sous une chaleur lourde contrastant avec la fraîcheur du Kazakhstan, Jean Paul II a quitté l’aéroport désert où flottaient deux pauvres drapeaux du Vatican.
Comme le veut la tradition pour les chefs religieux en visite dans le pays, le pape s’est rendu à la cathédrale apostolique d’Etchmiadzine pour une brève visite de prière. Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a rejoint la suite pontificale ainsi que le patriarche de Cilicie des arménien-catholiques, Nersès Bédros XIX.
Dans ce magnifique monastère du Vème siècle, Jean Paul II a remercié le catholicos pour son hospitalité, «car c’est la première fois que le pape de Rome demeure dans la maison d’un frère de l’Eglise d’Orient et partage avec lui la vie quotidienne». Le pape va en effet passer les deux nuits de sa visite dans une partie du monastère.
Pendant ce temps, dans les rues, la vie poursuit son cours et les habitants d’Erevan ne semblent pas accorder une importance particulière à cette visite. D’autant que dimanche a été pour eux, le «grand jour» de l’anniversaire, avec la bénédiction de l’autel dans la nouvelle cathédrale. (apic/imed/sdr/pr)



