Madrid : Pas d’impunité pour les exécutions extrajudiciaires
Arrestation de l’ancien ministre de l’Intérieur guatémaltèque en Espagne
Londres/Lausanne, 14 octobre 2010 (Apic) L’ancien ministre de l’Intérieur, Carlos Vielman, a été arrêté mardi à Madrid. Amnesty International exige que les anciens fonctionnaires guatémaltèques de haut rang soient jugés pour leur participation présumée à des exécutions extrajudiciaires de prisonniers et qu’ils aient droit à un procès équitable. Sur la liste d’Interpol figure – aux côtés de Carlos Vielman – Erwin Sperisen, ancien directeur de la police. Ce dernier, binational suisse-guatémaltèque, se trouve en Suisse depuis 2007. Amnesty International invite les autorités helvétiques à éclaircir rapidement les faits qui lui sont reprochés.
«Ces anciens fonctionnaires doivent être renvoyés au Guatemala pour y être confrontés à la justice ou être jugés dans leur pays de résidence actuel, dans le respect des normes internationales de droits humains», a déclaré Sebastian Elgueta, chercheur sur l’Amérique centrale, au Secrétariat international d’Amnesty.
Les griefs
Carlos Vielman, Erwin Sperisen et d’autres sont accusés, entre autres crimes, d’avoir participé aux exécutions extrajudiciaires de détenus évadés de la prison d’El Infiernito en octobre 2005, et de la prison d’El Pavón en septembre 2006 ; prisons proches de la capitale.
Sept détenus ont été tués dans l’opération «Pavo Real» (Paon royal) mise en place pour reprendre le contrôle de la prison d’El Pavón. Le ministre de l’Intérieur et la police ont déclaré que les sept détenus sont morts lors d’affrontements avec les autorités de la prison. Un rapport du bureau de l’ombudsman* guatémaltèque pour les droits humains, de décembre 2006, a conclu qu’ils ont été exécutés extrajudiciairement par balles. «A moins que de tels crimes ne soient sanctionnés, l’impunité restera la règle au Guatemala», a déclaré Sebastian Elgueta.
Respecter les normes internationales des droits humains
«L’heure est venue pour les États dans lesquels ces personnes résident de montrer leur engagement en faveur des normes internationales des droits humains», a affirmé Sebastian Elgueta.
Comme Erwin Sperisen vit actuellement en Suisse, la Section suisse d’Amnesty International appelle les autorités helvétiques à éclaircir rapidement les faits qui lui sont reprochés.
«Ce cas est particulièrement important dans la lutte contre l’impunité et pour le renforcement de l’état de droit au Guatemala. C’est pourquoi il est indispensable que la Suisse, comme tous les Etats, respecte ses engagements en matière de droit international et veille à ce que de telles accusations fassent l’objet d’une enquête et que les responsables soient traduits en justice», explique Manon Schick, porte-parole de la Section suisse d’Amnesty International.
Informations complémentaires
En 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté les «Principes relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d’enquêter efficacement sur ces exécutions». Ces principes demandent aux États de garantir que les personnes soupçonnées d’exécutions extrajudiciaires soient jugées ou extradées.
* Le forum canadien des ombudsmans définit l’ombudsman comme une personne indépendante et objective, qui enquête sur les plaintes des gens contre les organismes gouvernementaux et autres organisations, tant du secteur public que privé. Après un examen approfondi et impartial, il détermine si la plainte est fondée et formule des recommandations à l’intention de l’organisation afin de régler le problème. (apic/amnesty international/ggc)



