La justice semble tout faire pour suivre de fausses pistes
Assassinat de Mgr Gerardi au Guatémala: les évêques du pays montent aux barricades
Guatemala Ciudad, 21 octobre 1998 (APIC) L’assassinat de Mgr Gerardi, le 26 avril dernier au Guatemala, demeurera impuni, estime la Conférence des évêques du Guatémala (CEG), au terme d’une session tenue lundi dans la capitale du pays. «Le ministère public se limite à enquêter sur de fausses pistes», soutient la CEG.
Six mois après l’assassinat de Mgr Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, rien de bien sérieux n’a en effet été présenté aujourd’hui. Tout au plus la justice s’est-elle contentée d’arrêter des lampistes, pour les remettre aussitôt ou presque en liberté. Seul demeure encore en prison le prêtre Mario Orantes Najera. Ses trois mois de détention n’ont cependant rien apporté.
Le 22 octobre, le juge Isaias Figueroa devra prendre une décision le concernant: étayer les preuves d’une quelconque participation du prêtre au crime ou le remettre en liberté.
Quelle que soit la décision, estime les évêques, le cas sera clos et mettra un terme à l’enquête. «L’Eglise est arrivée à la triste conclusion qu’on a cherché une seule et même piste, fausse dans tous les cas», relève Mgr Victor Martinez, président de la CEG,
Le président de la CEG n’hésite pas à dire tout haut ce que beaucoup de monde pense tout bas au Guatémala: «Le ministère public s’est refusé à enquêter en profondeur sur les véritables auteurs matériels et sur les commanditaires de l’assassinat de Mgr Gerardi». Mgr Martinez s’est cependant refusé à en dire davantage, se bornant à mettre en cause «tous ceux qui sont contre l’Eglise, et notamment un parti politique», a-t-il dit sans le nommer.
Militaires montrés du doigt
Depuis le 26 avril, le juge d’instruction a uniquement basé ses recherches à partir de témoins indigents, indiquent les évêques. Conséquences: on a emprisonné plusieurs personnes sans avoir jamais pu retenir quelque chose contre elles. Et finalement le prêtre Orantes Najera, ainsi que sa mascotte, un chien berger allemand, qui aurait mordu Mgr Gerardo.
«Pendant ce temps, affirment encore les évêques, le Bureau des droits de l’homme de l’archevêque a accusé des militaires d’avoir participé au crime. Ce même Bureau a demandé d’enquêter sur plusieurs membres des forces armées, entre autres un élément de l’Etat major présidentiel». Rien n’a pourtant été entrepris.
Selon l’avocat du prêtre encore emprisonné, la dernière autopsie pratiquée sur le corps de Mgr Gerardi démonte l’argumentation du juge d’instruction Otto Ardon. (apic/pl/pr)



