Colombie: L’ONU accuse formellement l’armée de tuer des civils innocents
Assassinats de sang froid pour tromper le peuple et tirer bénéfice
Colombie) est devenu une pratique «systématique», a déclaré le rapporteur spécial de l’Onu sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston.
Ce dernier qui a mené une enquête de 10 jours dans le pays, a rencontré le président Alvaro Uribe, des membres du gouvernement et du parlement, les autorités de l’armée ainsi qu’une centaine de témoins et de rescapés.
Le rapporteur spécial de l’Onu a indiqué que l’expression «faux positifs», employée par le gouvernement pour désigner ces massacres, dissimulait en réalité «des assassinats de sang froid, prémédités, de civils innocents pour en tirer des bénéfices».
Il précise que les enquêtes ont révélé que le phénomène n’était pas circonscrit aux deux zones où il avait été jusqu’à présent signalé mais concernait les 13 régions du pays et impliquait «un nombre important d’unités militaires».
Alston, qui a critiqué les secteurs du gouvernement et de l’armée ayant tenté de minimiser l’affaire, a également rappelé que l’assassinat de civils en Colombie était motivé depuis plusieurs années par la politique du gouvernement consistant à récompenser les militaires qui contribuent à renforcer la lutte contre la guérilla : une politique qui a donné lieu au massacre d’un nombre encore indéterminé d’innocents déguisés par la suite en dangereux rebelles, a affirmé le rapporteur spécial.
Celui-ci a par ailleurs mis l’accent sur les menaces dont ont fait l’objet les parents des victimes. Selon les chiffres de l’Organisation non gouvernementale Commission Colombienne des Juristes, au moins 1’205 cas de «faux positifs» ont été répertoriés en Colombie de 2002 à 2008. (apic/misna/pr)



