La politique italienne tancée par le cardinal Ruini
Assise: 55e Assemblée générale des évêques italiens
Rome, 15 novembre 2005 (Apic) L’Eglise italienne ne viole pas la laïcité de l’Etat en prenant la parole sur des question éthique, estime le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne.
A quelque mois des élections législatives italiennes, et en plein débat sur la laïcité de l’Etat, le cardinal Ruini est intervenu lors de l’ouverture, à Assise, de la 55e Assemblée générale de la Conférence des évêques italiens (CEI), le 14 novembre 2005. S’adressant à ses collègues évêques, il a procédé à un véritable tour d’horizon de l’actualité récente dans le pays et à l’étranger.
«Avec sérénité et sans aucun esprit polémique, nous voudrions dire à ceux qui craignent ou déplorent une présence excessive ou même une ingérence de l’Eglise dans la vie publique italienne que la paix civile et religieuse nous tient aussi à coeur», a ainsi lancé le président de l’épiscopat italien. «L’Eglise est consciente de devoir être un facteur d’unité et non de division», a-t-il précisé.
Le cardinal Ruini a alors justifié les fréquentes prises de paroles de l’épiscopat, essentiellement sur les questions éthiques, expliquant que «l’engagement ouvert et concret en faveur de la personne humaine (.) ne représente pas une violation de la laïcité de notre République, mais plutôt une contribution, offerte à la liberté de chacun, à son bien authentique». «Une Eglise qui se tairait sur ces thèmes, pour sauvegarder ses propres intérêts institutionnels même légitimes, ne ferait honneur, en vérité, ni à elle-même, ni à l’Italie», a-t-il conclu sur cette question.
Le cardinal Ruini a encore fustigé le lancement de la pilule abortive Ru-486 en Italie. Pour le cardinal vicaire de Rome, l’expérimentation récemment lancée dans la région italienne de la Toscane et son expérimentation dans le Piémont représentent «un nouveau pas en avant sur la voie qui tend à ne pas faire percevoir la nature réelle de l’avortement, qui est et demeure la suppression d’une vie humaine innocente».
Coup de projecteur sur la situation internationale
Dans son intervention, le président de la Conférence épiscopale italienne a aussi évoqué la situation internationale, estimant que «pour parvenir à un équilibre pacifique, démocratique et respectueux des droits des personnes», l’Irak devait «accomplir un effort ultérieur majeur pour réaliser des accords partagés par chacune de ses composantes, sauvegardant en même temps une liberté religieuse effective, y compris pour les minorités».
Sur la situation en Terre Sainte, le cardinal italien a demandé aux parties en présence «un effort convergeant afin de ne pas rester prisonnières de la spirale de la violence». Le président de l’épiscopat italien a aussi tourné son regard vers la France où «l’élargissement imprévu des actes de vandalisme et de violence (.), opérés par les jeunes fils et petits-fils d’immigrés, montre combien les problèmes et les difficultés qui peuvent intervenir sur la voie d’une réelle intégration sont profonds, complexes et nécessitent une attention vigilante».
La 55e Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne est réunie à Assise du 14 au 18 novembre 2005. Rassemblés dans la ville de saint François, les évêques italien vont, entre autres, travailler sur les ’orientations et normes pour les séminaires’ et une première mouture du ’martyrologe romain’, mais aussi réfléchir autour de la proposition du prochain ’message pour la vie’ des évêques. (apic/imedia/ami/pr)




