Fribourg : Les Sœurs de St-Paul ouvrent le capital du journal «La liberté»
Assurer la pérennité du titre face à l’absence de relève
Fribourg, 24 septembre 2014 (Apic) Faute de relève, la congrégation des Sœurs de St-Paul, propriétaire du journal fribourgeois «La Liberté» depuis sa fondation il y a 140 ans, et de l’imprimerie a décidé de céder un tiers de ses actions à des investisseurs extérieurs. Selon le conseil d’administration de l’entreprise, l’opération vise un double objectif, assurer la pérennité et l’indépendance du titre tout en conservant le centre de décision à Fribourg. Le Vatican doit encore donner son aval à la démarche.
Un tiers du capital de la société St-Paul Imprimeries et de La liberté Médias SA est vendu au Groupe E à Fribourg, actif dans la vente et la distribution d’énergie, et à la Banque cantonale de Fribourg (BCF). Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Ces deux acteurs, majoritairement aux mains de l’Etat de Fribourg, doivent garantir l’ancrage fribourgeois de l’imprimerie et du journal face aux velléités de groupes de médias suisses et étrangers.
L’éditeur de La Liberté, Thierry Mauron, tient à préciser que la situation économique de la société est saine et qu’il ne s’agit en aucun cas d’une opération de sauvetage d’un journal en proie à la crise. Même si, effectivement, l’impression de La Liberté sur les rotatives du boulevard de Pérolles cessera à la fin de l’année et sera déplacée à Berne dans une imprimerie du groupe Tamedia.
Le rédacteur en chef Louis Ruffieux est parfaitement serein sur l’indépendance du journal. «Les nouveaux actionnaires savent que son indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs est la pierre d’angle de sa crédibilité.»
Un patrimoine à maintenir vivant
«Devant l’absence de relève à Fribourg, ne rien faire reviendrait à laisser mourir La Liberté», note la supérieure générale des Sœurs de St-Paul Soeur Cécile Jean Boullenger. Dans un communiqué, la congrégation précise que «La Liberté est un patrimoine qui leur a été confié et des générations de collaborateurs et de Sœurs ont contribué à le façonner et à le maintenir vivant. Il leur appartient maintenant d’assurer sa pérennité, dans un vêtement d’aujourd’hui – contenu et contenant – qui ne renie en rien les valeurs humanistes originelles que sa charte garantit.
Cette première étape sera suivie à terme d’un autre qui prévoit qu’un deuxième tiers de l’entreprise soit cédé. La vente sera alors ouverte à d’autres entreprises locales et aux lecteurs du journal, a expliqué Martial Pasquier, président du conseil d’administration. Il précise aussi que les nouveaux acquéreurs n’ont pas de visées sur les immeubles et les terrains de Pérolles en plein centre-ville.
La vente par les sœurs de St-Paul d’une part de leurs entreprises doit encore être formellement approuvé par le Vatican. Le droit de l’Eglise (art. 1292 du droit canon) prévoit en effet que les opérations financières supérieures à une certaine somme doivent recevoir l’aval de la Congrégation pour les religieux.
La Liberté
La Liberté est un quotidien suisse de langue française édité à Fribourg. Il paraît six fois par semaine, du lundi au samedi. Fondée en 1871, par le chanoine Joseph Schorderet et propriété de la congrégation des Sœurs de St-Paul SA, vouée à l’apostolat de la presse, La Liberté est l’un des derniers quotidiens romands totalement indépendants des grands groupes de presse suisses ou internationaux. Avec «Le Courrier» de Genève, et «Le Nouvelliste» de Sion, «La Liberté» est également un des derniers journaux existants parmi ceux créés en Suisse par les catholiques à la fin du XIXe siècle après le «Kulturkampf». Selon les dernières données, il tire à quelque 40’000 exemplaires pour 102’000 lecteurs dans une zone de diffusion qui couvre le canton de Fribourg et la Broye vaudoise.
(apic/mp)



