Le point avec l’archevêque d’Athènes, Mgr Foskolos
Athènes: L’Eglise catholique en Grèce prépare aussi les JO
Athènes, 16 juillet 2004 (Apic) L’Eglise catholique en Grèce prépare à sa manière la XXVIIIe édition des jeux olympiques de l’ère moderne qui se dérouleront en Grèce du 13 au 29 août prochain. 28 sports, 37 disciplines, 10’500 athlètes, représentant 202 pays. Un événement pour les sportifs. Qui tombe justement durant l’année européenne de l’éducation par le sport et qui verra son prolongement dans l’édition 2004 des Jeux para-olympiques, auxquels participeront plus de 4000 athlètes de 145 pays touchés par divers types de handicaps.
L’Eglise catholique grecque est elle active dans ses préparatifs d’accueil «spirituel» des athlètes et des milliers de passionnés attendus qui arriveront sur la péninsule hellénique. De quelle manière? L’Agence d’information de la Conférence des évêques d’Italie (SIR) s’est entretenu avec l’archevêque d’Athènes, qui est aussi le président de la Conférence épiscopale de Grèce, Mgr Nicolaos Foskolos. Interview.
Q.: a récente victoire de l’équipe grecque au championnat européen de football au Portugal représente un très bon spot pour les prochains Jeux olympiques d’Athènes.
Mgr Nicolaos Foskolos: Inutile de dire que j’ai été très satisfait de cette victoire, comme tous les Grecs. Cela a été une grande épreuve de sport qui prouve que lorsque la discipline et la ténacité vont de pair, les résultats ne tardent pas à arriver.
Q.: Quel message cet événement sportif porte-t-il en lui?
Mgr Nicolaos Foskolos: Je dirais le message olympique, avant toute chose. Que cette période de compétition soit aussi une période de paix et de fraternité entre les peuples! Dans les siècles passés, lors des jeux olympiques, les guerres et les luttes subissaient des trêves, les armes se taisaient et l’on pouvait entendre seulement le cri des athlètes victorieux. Plus de sang, plus de mort, mais uniquement des défis loyaux marqués par des gestes de sportivité et de respect. Je voudrais qu’il en soit ainsi aujourd’hui aussi. La participation d’athlètes provenant de pays marqués par les guerres nous invite à penser que le sport, lui aussi, peut aider à surmonter et à recomposer les conflits.
Q.: Quelles initiatives particulières, côté Eglise catholique, pour «signaler» les Jeux?
Mgr Nicolaos Foskolos: Ces Jeux ne peuvent pas passer inaperçus pour notre Eglise. Déjà en 1896, l’année de la première édition olympique en Grèce, l’Eglise collabora efficacement à son organisation. Le Père dominicain Henry Didon travailla aux côtés du créateur, le Baron De Coubertin. Aujourd’hui après 108 ans, les Jeux reviennent en Grèce et avec eux des milliers de passionnés, parmi lesquels de nombreux catholiques. C’est pourquoi l’Eglise ne doit pas être prise au dépourvu. Ces jours-ci, nous avons diffusé dans nos Eglises une lettre dans laquelle nous rappelons l’esprit profond des Olympiades, en partant de la devise olympique créée par le Père Didon pour la première édition des Jeux, ’Citius, altius, fortius’, (plus rapide, plus haut, plus fort, ndr) et qui apparaît aujourd’hui encore dans les stades où la compétition pour le laurier olympique a lieu.
Q.: Que prévoyez-vous pour accueillir les nombreux sportifs qui viendront suivre les compétitions?
Mgr Nicolaos Foskolos: Le 11 août, deux jours avant l’ouverture des Jeux, à 19 heures, dans la cathédrale catholique de Saint-Denis à Athènes, tous les prêtres catholiques se retrouveront, y compris ceux qui suivent les équipes, afin de célébrer une messe. Durant les compétitions, les églises essaieront d’accueillir tous ceux, passionnés de sport ou non, qui voudront consacrer une part de leur temps à la prière avec des prêtres disponibles.
Q.: Et pour les athlètes, contraints de vivre à l’intérieur du Village olympique?
Mgr Nicolaos Foskolos: Un espace pour la prière et le recueillement, animé par les prêtres européens sera organisé à l’intérieur du village olympique. L’initiative, née de la collaboration de la Conférence épiscopale grecque avec les Conférences épiscopales italienne, allemande, espagnole, française et anglaise, verra aussi la présence de représentants orthodoxes et protestants. Il s’agit d’un endroit de 100 mètres carrés seulement mais l’espace ne manquera certainement pas pour ceux qui voudront retrouver un peu de silence entre une compétition et l’autre. L’espoir est qu’il devienne un endroit rempli d’athlètes, malgré les problèmes liés à la sécurité. (apic/sir/pr)



