Attaque sanglante de trois églises par des terroristes islamistes en Indonésie

Des terroristes islamistes ont attaqué quasi simultanément trois églises chrétiennes durant la messe dominicale dimanche matin 13 mai 2018 à Surabaya, sur l’île indonésienne de Java. Le bilan provisoire de ces attentats est de 11 morts et de plusieurs dizaines de blessés.

Si ces attentats exécutés par des kamikazes n’ont pas encore été revendiqués, les autorités soupçonnent fortement le groupe djihadiste Jemaah Ansharut Daulah (JAD), qui s’identifie au mouvement terroriste Etat islamique (EI) ou Daech.

Attentats attribuées aux djihadistes du Jemaah Ansharut Daulah

Les «kamikazes» se sont fait sauter dans les trois lieux de culte à dix minutes d’intervalle, visant notamment l’église catholique Santa Maria Tak Bercela Catholic Church (STMB). Le terroriste, arrivé à moto, s’est fait sauter au sortir d’une messe matinale quand les fidèles arrivaient pour un deuxième office. Dans un autre endroit, les djihadistes ont utilisé une voiture piégée. Les deux autres lieux de culte frappés par les terroristes sont la Surabaya Pentecostal Church (GPPS) et l’Indonesian Christian Church (GKI).

Après les explosions, la police de Java oriental a ordonné à toutes les églises de Surabaya de fermer en attendant l’enquête de la police.

Etre attentifs à l’émergence des prédicateurs de la haine

En réponse à la série d’attentats à la bombe contre les trois églises de Surabaya, la deuxième plus grande ville d’Indonésie, la Communion des Eglises d’Indonésie (PGI) a envoyé un message aux fidèles pour leur demander de rester calmes face à la terreur.

«Nous n’avons pas besoin d’avoir peur face aux menaces terroristes. Nous devons laisser au gouvernement le soin de s’en occuper», a déclaré le Révérend Gomar Gultom, secrétaire général de la PGI, dans un communiqué publié dimanche 13 mai. Il a estimé que les chefs religieux devraient être plus attentifs à l’émergence des partisans et des acteurs du terrorisme, qui incitent à la violence souvent en tant que prédicateurs.

Programme de déradicalisation

«Le programme de déradicalisation initié par l’Agence nationale antiterroriste sera vain si la communauté donne la parole aux chefs religieux qui répandent le radicalisme et la violence à travers leurs sermons», a-t-il ajouté dans les colonnes du quotidien indonésien en ligne The Jakarta Post.

De leur côté, les plus importantes organisations musulmanes d’Indonésie, Nahdlatul Ulama (NU) et Muhammadiyah, ont fermement condamné ces actes de terrorisme. «Il n’y a pas une seule religion dans le monde qui justifie la violence comme mode de vie», a déclaré dimanche le président du NU, Said Aqil Aqil Siradj. (cath.ch/com/be)

Attaques terroristes contre les églises de Surabaya | © www.thejakartapost.com
13 mai 2018 | 11:02
par Jacques Berset
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