«Attaquez les vrais problèmes du pays»

Sénégal: Le cardinal tance à nouveau les hommes politiques du pays

Dakar, 5 novembre 2009 (Apic) Le cardinal Théodore Sarr, archevêque de Dakar, s’est déclaré mercredi 4 novembre «déçu» par les hommes politiques du Sénégal, qui, a-t-il estimé, n’ont aucune ambition pour développer le pays.

Selon lui, ces «gens passent tout le temps à faire de la politique sans s’occuper des vrais questions du développement», s’est-il indigné lors d’une conférence de presse, organisée pour rendre compte des assises du deuxième synode africain, tenu au Vatican du 4 au 25 octobre dernier.

Le Sénégal est plongé dans une campagne électorale précoce, à deux ans de l’élection présidentielle de 2012, à laquelle le président Abdoulaye Wade, 81 ans, au pouvoir depuis 2000, s’est déclaré candidat pour un troisième mandat de sept ans.

«On ne parle que d’élections, quatre ou cinq ans avant les échéances. Quand est-ce que l’on va travailler?», s’est interrogé le cardinal Sarr, ajoutant: «Je suis rentré (du Vatican) depuis le 28 octobre dernier. Depuis mon retour, on ne parle dans les médias que de la future échéance électorale et des probables candidats». «Et le développement du Sénégal dans tout ça? Est-ce que la politique consiste seulement à préparer et à gagner les élections ou bien a-t-elle pour objectif de développer le pays?», s’est-il encore indigné.

Les populations souffrent des coupures d’électricité qui persistent depuis de longs mois, et les problèmes d’inondations ne sont pas encore résolus, a-t-il assuré. Selon les statistiques officielles, plus de 260’000 personnes ont été affectées entre juillet et septembre, par des inondations dues aux fortes précipitations, occasionnant d’importants dégâts dont la destruction de maisons. «On devrait d’abord résoudre ces difficultés sociales au lieu de nous parler de politique», a estimé le chef de l’Eglise catholique du Sénégal.

Pour le cardinal Sarr, la politique étant la «gestion de la cité, la vraie campagne électorale est un programme d’action» en faveur des populations. «Au Sénégal, je ne pense pas que les politiciens aient envie de nous présenter des programmes d’action», a-t-il fait observer. En reconnaissant toutefois «des avancées, des acquis nouveaux ajoutés à ceux du passé. Le positif est réel, mais il y a des efforts et de gros efforts à faire encore».

Le cardinal Théodore Sarr s’est enfin insurgé contre «la place prépondérante que l’argent occupe dans la marche du Sénégal». Il était interrogé sur une affaire de corruption d’un fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) par le gouvernement sénégalais. (apic/ibc/pr)

5 novembre 2009 | 11:44
par webmaster@kath.ch
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