Rome: Le pape François met en garde contre les «péchés» des médias

Attention à la diffamation, à la calomnie et à la désinformation

Rome, 23 mars 2014 (Apic) Devant les membres de l’association «Corallo», réseau de chaînes de télévision et de radios catholiques régionales en Italie, le pape François a mis en garde contre les «péchés des médias», le 22 mars 2014. Le souverain pontife a ainsi dénoncé trois grandes tentations qui peuvent porter atteinte à un bon travail médiatique: «la désinformation, la calomnie et la diffamation». Le pape a également évoqué le rôle des laïcs dans l’Eglise, pointant du doigt le risque de les «cléricaliser».

Laissant de côté le texte préparé pour l’occasion, le pape a ainsi énuméré les trois «péchés les plus graves que commettent les médias», qui sont ceux qui concernent les contre-vérités et les mensonges, à savoir la diffamation, la calomnie et la désinformation. Soulignant que les deux premières sont graves, il a insisté pour dire que c’est la désinformation qui est la plus dangereuse.

«La calomnie, c’est un péché mortel, mais l’on peut toujours arriver à clarifier les choses et à faire valoir finalement que c’est une calomnie», a estimé le pontife. De même, «la diffamation est un péché mortel, mais on peut réussir à dire que c’est une injustice». En revanche, a-t-il poursuivi, dans le cas de la désinformation, il s’agit de «ne dire que la moitié des choses, celles qui me conviennent, et ne pas dire l’autre moitié: de sorte que celui qui regarde la télévision ou écoute la radio ne peut bien juger les choses parce qu’ils n’a pas tous les éléments, car ils ne lui ont pas été livrés ». Le pape a alors incité les médias à éviter de commettre ces trois péchés.

Ne pas cléricaliser les laïcs

Déclarant qu’il improvisait et qu’il ne «parlait pas la langue de Dante», le souverain pontife a relevé l’importance de la contribution des laïcs dans l’Eglise, soulignant toutefois qu’ils ne devaient pas être «cléricalisés».

«C’est une erreur, a-t-il ajouté, un bon laïc doit le rester, continuer ainsi et grandir ainsi (…) Pour ma part, je considère que le cléricalisme empêche la croissance des laïcs». Et d’insister qu’il en va de l’identité de l’appartenance chrétienne. A ses yeux, c’est une tentation aussi des laïcs, «car certains d’entre eux veulent être cléricalisés».

Le pape a ainsi conseillé de veiller à une bonne répartition des tâches au sein de l’Eglise, car «la fonction attribuée au laïc et assumée par lui, le prêtre ne peut s’en charger». Le pape François a alors mis l’accent sur les conseils pastoraux. «Une paroisse qui n’a pas de conseil pastoral ni de conseil pour les affaires économiques, ce n’est pas une bonne paroisse», a-t-il conclu. (apic/imedia/mm/be)

23 mars 2014 | 09:39
par webmaster@kath.ch
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