Bristol: premières femmes prêtres dans l’Eglise anglicane (130394)

Attention: texte augmenté vis à vis du texte reçu dimanche matin.

Réaction du Vatican: «Obstacle imposant sur sur le chemin de l’union»

Bristol (Angleterre), 13mars(APIC) La cérémonie d’ordination de 32 femmes

samedi à la cathédrale de Bristol, dans le sud-ouest de l’Angleterre, continue de susciter la controverse au sein de la propre Eglise anglicane comme dans les autres Eglises chrétiennes, surtout auprès des Eglises catholique romaine et orthodoxes. Les archevêques de Cantorbéry et de York, chefs

spirituels de l’Eglise anglicane, ont lancé un appel «à tous les fidèles de

leur Eglise à la tolérance». De son côté le porte-parole de la salle de

presse du Vatican explique pourquoi Rome ne peut se donner le droit d’accepter de telles ordinations.

Les archevêques de Cantorbéry et de York demandent à tous les fidèles de

l’Eglise anglicane de mettre en pratique les dons de Dieu que sont la générosité, la tolérance, la courtoisie et à faire preuve d’une patience aimante les uns avec les autres durant les années à venir». L’Eglise «appartient

au peuple de ce pays», poursuivent-ils, pas seulement à ceux qui prient régulièrement dans nos églises. Nous croyons que ce changement est accueilli

avec une grande satisfaction par la plupart de nos concitoyens et que cela

va fortifier notre ministère envers eux».

Plusieurs centaines de prêtres sur les 11’000 que compte l’Eglise anglicane ont menacé de faire cessession et de rejoindre l’Eglise catholique.

Cependant la majorité de l’Eglise anglicane n’en fait pas un drame. «Il y

aura beaucoup de joie et quelques larmes», a déclaré samedi Rosemary Dawn

Watling peu avant son ordination, écrit «La Suisse» à ce sujet, dimanche,

dans son ultime édition.

Réaction du directeur de la salle de presse du Vatican

«L’ordination des femmes est un obstacle imposant sur le chemin souhaité

de l’union entre l’Eglise catholique et la communion anglicane». C’est en

ces termes que le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Joaquin

Navarro Valls, a évoqué samedi la décision de l’Eglise anglicane.

«Il ne s’agit pas seulement d’une question de discipline», affirme le

directeur de la salle de presse, «mais un fait aux implications ecclésiologiques importantes. Il n’y a pas de problème d’égalité ou de justice. Mais

cela touche à la réalité même de l’Eglise et à l’idée que l’Eglise porte

elle-même sur ses sacrements».

Evoquant également l’opposition des orthodoxes à l’accession des femmes

au sacerdoce, le communiqué réaffirme que pour des raisons théologiques

bien fondées, dans la fidélité à l’enseignement de Jésus-Christ et à la

pratique ininterrompue à travers les siècles, l’Eglise catholique «ne croit

pas avoir le droit d’autoriser de telles ordinations». Tout en déplorant ce

nouvel obstacle rendant plus difficile le dialogue entre les Eglises, Joaquin Navarro Valls estime cependant que l’union «était», et demeure encore

aujourd’hui «un grand espoir».

Le communiqué se plaint entre autres d’un conséquence malheureuse de la

décision de l’Eglise anglicane: On semble oublier des aspects oecuméniques

et ecclésiologiques qui mettent dans l’ombre l’accord auquel était parvenu

jadis le dialogue anglican-catholique sur la question de l’eucharistie et

du ministère. (apic/ls/sv/ba)

13 mars 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!