Attentive aux «valeurs non négociables»
Italie: Elections générales, l’Eglise catholique ne soutient aucun candidat en particulier
Rome, 3 janvier 2013 (Apic) Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, a assuré le 3 janvier 2013 que l’Eglise catholique ne soutenait aucun candidat a priori pour les élections générales italiennes prévues en février 2013.
A propos d’un éventuel appui du Vatican à la candidature de Mario Monti à sa propre succession, Mgr Fisichella a affirmé qu’au-delà des «expressions contingentes» de tel ou tel responsable ecclésiastique ou organe de presse catholique, il fallait s’en tenir à la note doctrinale publiée en 2002 par le cardinal Joseph Ratzinger. L’actuel pape était à l’époque préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.Dans ce document sur l’engagement des catholiques en politique, le cardinal Ratzinger préconisait la cohérence entre paroles et actions dans le domaine éthique et pour la recherche du bien commun.
Le chef de dicastère rappelle que les catholiques engagés doivent agir selon les «valeurs non négociables». Ce qui signifie, lutter contre l’avortement et l’euthanasie et en faveur de la famille, qui doit être défendue face aux «autres formes de vie commune».
Renouveau éthique
«Nous devons être réalistes et comprendre que, dans le pays, la présence des catholiques est transversale», a poursuivi Mgr Fisichella. Elle concerne tous les partis présents à l’Assemblée. Le prélat souhaite que les hommes politiques chrétiens agissent en tant que tels, indépendamment du parti au sein duquel ils militent. A ses yeux, le risque est qu’ils subissent des influences qui confondent «progrès» et «négations de la vie, de la famille et de la liberté d’éducation».
Pour le prélat, la vie politique italienne vit une phase de transition. Il faut retrouver une base éthique commune, «contre le relativisme», poursuit-il. Un catholique qui occupe un rôle de leader a aussi la responsabilité publique d’un style de vie exemplaire. «Par ailleurs, d’autres responsables de la hiérarchie catholique ont fait leur le souhait d’un engagement renouvelé des chrétiens dans la sphère publique», relève le chef de dicastère.
En 2011, Benoît XVI avait souhaité pour l’Italie un «renouveau éthique intense». Cet appel faisait suite au scandale provoqué par les frasques de l’ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, accusé notamment de prostitution de mineure et d’abus de pouvoir.
L’Osservatore Romano pour le président Monti
Le 27 décembre dernier, la presse italienne et internationale avait relevé le soutien accordé par L’Osservatore Romano à «la montée en politique du sénateur Monti».
Le ’quotidien du Vatican’ a apprécié l’expression «Elevons-nous en politique», employée la nuit de Noël par Mario Monti pour confirmer son entrée en lice en vue des élections de février. «C’est l’expression d’un appel à récupérer le sens le plus élevé et noble de la politique», s’était félicité le journal du Vatican.
Rapprochement entre les deux rives du Tibre
Le Vatican et la Conférence des évêques italiens (CEI) ont longtemps apporté leur soutien à Silvio Berlusconi, qui donnait des garanties de respect des «valeurs non négociables». Mais le chef des évêques italien, le cardinal Angelo Bagnasco, a lui aussi récemment affiché sa satisfaction quant à la politique rigoureuse menée par Mario Monti au cours des derniers mois.
Le climat entre les deux rives du Tibre est excellent depuis l’arrivée au pouvoir de Mario Monti. Le chef d’Etat a déjà rencontré sept fois Benoît XVI depuis novembre 2011. Son gouvernement comptait plusieurs ministres catholiques pratiquants, tout comme lui. Cette entente a notamment permis au président du Conseil réformateur de changer le régime d’impôt foncier concernant les biens de l’Eglise en Italie, désormais soumis pour certains d’entre eux à des taxes plus importantes. (apic/imedia/mm/rz)



