formation des prêtres et des laïcs dans le diocèse
Au Conseil presbytéral de Namur: document de synthèse approuvé sur la
Namur, 29 avril 1994 (CIP)
Le Conseil Présbytéral de Namur vient de se réunir, au couvent des Pères
Franciscains de Bastogne, sous la présidence de Mgr Léonard. Sa première
tâche était de clôturer le travail entrepris, il y a près de deux ans, à
partir d’une enquête auprès des prêtres du diocèse. Il s’agissait cette
fois d’approuver un texte de synthèse sur la formation des prêtres et des
laïcs dans le diocèse de Namur, ce qui était le but de l’enquête et de tout
le travail.
Ce texte souligne l’existence de deux types de formation : l’une «en
harmonie avec la perspective d’une Eglise où tous sont appelés à prendre la
parole et à participer aux décisions qui les concernent» ; l’autre qui
«pense prioritairement aux prêtres… et à fournir des points de repère
sûrs».
Le Conseil, précise le texte, se reconnaît très majoritairement dans la
première sensibilité tandis que l’évêque, qúil situe dans la seconde, a,
selon lui, «mis sur la touche ceux qui incarnent une sensibilité qúil ne
partage pas». Aussi demande-t-il instamment à Mgr Léonard de ne plus
prendre parti, mais de «servir l’échange entre tous».
A publier, mais comment ?
Pour savoir si ce texte reflète bien l’opinion du Conseil presbytéral, on
passe au vote : vingt-neuf disent oui, deux membres de droit s’abstiennent,
personne ne dit non. Quelques intervenants suggèrent cependant que le texte
du Conseil aurait dû ne pas se contenter de requérir un changement de la
part de l’évêque et devrait donc inviter le Conseil lui-même à se remettre
lui aussi en question. Suggestion non retenue.
Restait à savoir si ce texte serait publié et comment. Nouveau débat animé.
Mgr Léonard avait proposé, dès le départ, la publication d’une brochure
devant contenir, en plus de la réflexion des prêtres du Conseil,
l’expression de sa propre position sur les sujets abordés. Cette
proposition, réitérée par l’évêque, fut loin de faire l’unanimité, beaucoup
de membres du Conseil préférant ne pas voir figurer dans la brochure du
Conseil la parole de son Président. Il fut alors convenu de reporter le
sujet à la prochaine réunion, au cours de laquelle l’évêque présentera le
texte de son intervention sur les thèmes abordés par le Conseil. En
attendant, le texte du Conseil sera progressivement publié dans les
«Communications» diocésaines et pourra être utilisé.
L’animation des communautés
Mgr Léonard a demandé aussi l’avis du Conseil sur le «Projet d’animation
pastorale pour les communautés chrétiennes du diocèse de Namur», projet
actuellement en chantier. L’évêque a insisté tout particulièrement sur les
secteurs pastoraux, leur existence et leur fonctionnement.
Pour s’exprimer à ce sujet, les membres se sont réunis par région. Au terme
de la réflexion, trois groupes sur quatre ont à nouveau réagi avec la
sensibilité exprimée précédemment. Ils ont demandé que l’inspiration
théologique du document soit revue en fonction du texte voté par le Conseil
et que les questions pratiques ne soient pas posées seulement aux prêtres,
mais d’abord aux communautés elles-mêmes, pour leur passer la parole.
A l’écoute des événements
Au cours de cette journée, le Conseil a appris aussi, avec inquiétude, qúon
était toujours sans nouvelles de l’abbé Roger Depienne, prêtre du diocèse
en service au Rwanda.
Le Conseil a également exprimé son amertume, après avoir lu, dans un compte
rendu de la conférence de presse convoquée par Mgr Léonard à l’occasion de
ses trois ans d’épiscopat, une phrase comme celle-ci, attribuée à l’évêque
: «Certains n’ont pas avalé ce qui s’est passé il y a trois ans, avec le
séminaire. Ils restent blessés… On ne pourra plus progresser avec ces
quelques personnes qui se sont braquées.». Comprenant la vive réaction du
Conseil, mais signalant d’autres comptes rendus plus satisfaisants,
l’évêque a rapporté en entier la phrase incriminée, qui était en réalité la
suivante : «Avec ces quelques personnes qui se sont braquées sur les
événements d’il y a trois ans, on ne pourra plus progresser à coup
d’arguments et de discussions; c’est avec l’expérience nouvelle de la
formation au Séminaire et les fruits qúelle portera, c’est par les contacts
sur le terrain et dans la durée que les noeuds se dénoueront.»
En fin de réunion, l’évêque a estimé que, le grand débat sur la formation
étant clos, il suffirait dorénavent, comme c’est le cas dans la majorité
des autres diocèses, de trois réunions du Conseil par an, au lieu de cinq.
Une décision devrait être prise au cours de la prochaine réunion, qui aura
lieu en septembre.



