Malaisie: Les chrétiens affluent dans les églises malgré les attaques
Aucun blessé n’est à déplorer pour l’instant
Kuala Lumpur, 12 janvier 2010 (Apic) Les Eglises de Malaisie restent remplies de fidèles, malgré les attaques perpétrées contre des lieux de cultes chrétiens ces derniers jours en raison d’un différend portant sur l’utilisation du mot « Allah » par les minorités non musulmanes.
« La foi des gens dépasse les événements actuels, donc ils continuent d’aller à l’église et de prier pour eux et pour la nation », a déclaré le 10 janvier le pasteur Hermen Shastri, secrétaire général du Conseil des Eglises de Malaisie, selon l’Agence France-Presse.
Le pasteur Shastri a affirmé que des mesures de sécurité renforcées avaient été prises suite aux attaques, qui sont intervenue après une décision de justice permettant aux minorités non musulmanes d’employer le mot « Allah » dans leurs publications et livres religieux.
On ne dénombre, le 12 janvier, aucun blessé suite à ces attaques perpétrées à l’encontre de neuf églises, qui ont suscité des inquiétudes au sein de la minorité chrétienne vivant dans ce pays d’Asie du Sud-Est majoritairement musulman.
A Taiping, dans l’Etat de Perak, au nord du pays, deux églises ont été attaquées le 10 janvier par des agresseurs qui ont lancé des cocktails Molotov aux premières heures du dimanche, avant le début du culte. Quatre autres églises ont été attaquées dans la capitale Kuala Lumpur le 8 janvier, une partie d’un des édifices ayant subi de graves dommages.
La bombe incendiaire jetée sur l’église anglicane de la Toussaint à Taiping a causé des dégradations sur les murs de l’édifice et provoqué un petit incendie, ont indiqué des responsables de l’Eglise. L’église catholique de la ville, également prise pour cible, n’a en revanche subi aucun dommage.
Les minorités religieuses craignent une islamisation du pays
Environ 60% des 26 millions d’habitants de la Malaisie sont musulmans. Le reste de la population se compose de bouddhistes (19%), de chrétiens (9%), d’hindous (6%), de sikhs et d’autres religions.
Les fidèles de religions minoritaires ont exprimé leurs préoccupations ces dernières années quant à « l’islamisation » du pays, suite à une série de décisions de justice et de lois adoptées par le gouvernement qui, selon les groupes minoritaires, entravent leur liberté de culte.
Le gouvernement malaisien a fait appel d’une décision de justice permettant aux non-musulmans d’utiliser le mot « Allah » pour désigner Dieu, suite à la décision d’un juge d’autoriser un journal catholique à employer le mot dans son édition en langue malaise. Le juge avait décidé que le mot « Allah » n’était pas exclusif aux musulmans.
Cette décision de justice a été critiquée par des organisations musulmanes, qui ont fait part de leur inquiétude concernant la possibilité que le mot « Allah » soit utilisé par d’autres groupes religieux à des fins de prosélytisme, encourageant les musulmans à se convertir au christianisme ou à une autre religion. (apic/eni/js)




