Irak : Le cardinal Sandri exhorte les gouvernants à élever la voix après le massacre de Bagdad

Aucune cruauté ne pourra détruire la religion chrétienne

Rome, 26 novembre 2010 (Apic) Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a exhorté le 25 novembre les gouvernants à élever constamment la voix pour «défendre une véritable liberté de religion». Lors d’une messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre, en mémoire des 46 chrétiens pris dans un «tourbillon cruel» dans la cathédrale de Bagdad le 31 octobre dernier, le cardinal Sandri a soutenu qu’»aucune sorte de cruauté» ne pourrait détruire la religion chrétienne.

En présence d’une quarantaine d’Irakiens, dont des proches des blessés soignés à Rome après l’attentat meurtrier de Bagdad, le haut prélat s’est interrogé: «pourquoi la voix de ceux qui ont des responsabilités ne s’élève-t-elle pas constamment, avec celle des hommes de bonne volonté, pour défendre une véritable liberté de religion et de conscience?»

Tout en évoquant le tourbillon cruel qui avait causé la mort de 46 chrétiens dans la cathédrale syro-catholique de Bagdad, le cardinal Sandri a assuré que l’Eglise «ne faiblit pas avec les persécutions, au contraire elle se développe». «Aucune sorte de cruauté ne peut détruire une religion qui se fonde sur le mystère de la croix du Christ», a renchéri l’ancien substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’Etat.

«Combien de souffrances encore devront subir pour leurs propres convictions des personnes de tous âges et de toutes conditions, de toutes religions et de toutes cultures?», s’est encore interrogé le cardinal Sandri, après avoir évoqué la mort sanglante des chrétiens irakiens. «Avant et après cet événement dramatique, d’autres innocents ont été frappés en Irak contre toute justice», a rappelé le haut prélat.

Rôle des ambassadeurs

S’adressant en particulier aux nombreux ambassadeurs présents, dont celui d’Irak, le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales a appelé les diplomates à faire «tout leur possible, surtout auprès de leurs gouvernements respectifs, pour favoriser partout une coexistence sereine des individus et des communautés, ainsi que le respect de leurs droits». Le cardinal Sandri leur a également demandé d’appuyer «toutes les initiatives visant à redonner son visage multi-religieux et multiculturel, civil et solidaire, au Moyen-Orient».

En outre, le haut prélat argentin a affirmé que les chrétiens devaient «pouvoir rester là où ils sont nés pour offrir personnellement et à travers les actions de l’Eglise, sans aucune discrimination, leur contribution charitable irremplaçable dans les domaines de l’éducation et de la culture, de l’assistance et du social».

«C’est avec beaucoup de reconnaissance, a-t-il poursuivi, que nous apprécierons l’implication des chrétiens et de leurs pasteurs par les autorités civiles pour adopter toutes les mesures qui les concernent directement mais aussi leur sécurité et leur avenir». A ses yeux, les chrétiens irakiens «désirent concourir au progrès de leur pays bien-aimé dans une généreuse ouverture envers les musulmans et tous leurs compatriotes».

Revenant sur la figure des pères Thaer et Wassim, assassinés durant l’attaque de la cathédrale de Bagdad, le cardinal Sandri a évoqué leur exemple pour l’ensemble des prêtres, jugeant que leur immolation serait source de vocations.

A l’issue de la messe, Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche d’Antioche des Syriens, a exprimé, en langue syriaque, une prière en mémoire des victimes.

Le 31 octobre dernier, un groupe terroriste de la mouvance d’Al-Qaïda avait attaqué la cathédrale syro-catholique Notre-Dame du perpétuel secours, dans la capitale irakienne. Cette attaque avait tourné au carnage, entraînant la mort d’au moins 44 fidèles et de 2 prêtres, faisant près de 70 blessés. Nombre d’entre eux avaient été accueillis dans des hôpitaux à Paris (France) et à Rome. (apic/i.media/lb/ami/ggc)

26 novembre 2010 | 11:34
par webmaster@kath.ch
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