Kurdistan: Les chrétiens ont trouvé la paix, mais le travail manque

Aucune église n’a jamais été attaquée dans cette région autonome

Erbil/Rome, 31 mai 2014 (Apic) Alors que l’Irak est à feu et à sang – on compte plus de 4’000 morts depuis le début de l’année -, la région autonome du Kurdistan est un havre de paix pour les chrétiens irakiens qui ont fui les violences. S’ils ont trouvé la sécurité dans ce havre de paix, les réfugiés qui viennent de Bassora, de Bagdad ou de Mossoul et qui ne maîtrisent pas la langue kurde ont de la peine à trouver du travail. Pour nombre d’entre eux, le Kurdistan n’est qu’une étape sur le chemin de l’exil.

Vendredi 30 mai, Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, a été reçu pour la première fois par le pape François. Il avait déjà rencontré Benoît XVI à deux reprises en 2009 et 2011. C’est l’occasion pour Radio Vatican de rappeler que si l’on voit des soldats armés en faction devant les églises chrétiennes au Kurdistan, les célébrations chaldéennes, syro-catholiques ou orthodoxes s’y déroulent sereinement. «Contrairement au reste de l’Irak, aucune église n’a jamais été attaquée dans cette région autonome, ancienne zone de conflit à l’époque de Saddam Hussein».

Au Kurdistan, on peut travailler, se déplacer et prier en toute sécurité

Mgr Bachar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil depuis 2010, le confirme sur les ondes de la «radio du pape»: «Le Kurdistan est un endroit très sûr, avec un environnement paisible. Quand on vit au Moyen-Orient, entouré de pays troublés, c’est un succès notable de vivre dans une zone où l’on peut prier, travailler, se déplacer, profiter de son temps, paisiblement. Le gouvernement et les partis, après tant d’années de guerre civile, sont parvenus à une mentalité où, oui, nous devons trouver les moyens de vivre ensemble».

En raison de cette stabilité, le Kurdistan, où se trouve le diocèse d’Erbil, un des plus vieux de la région, a accueilli plusieurs vagues de déplacés irakiens depuis l’intervention américaine de 2003. Aujourd’hui, ce sont les réfugiés syriens qui cherchent un abri dans cette région calme. En 2003, 1’500 familles chrétiennes y vivaient. Aujourd’hui, elles sont plus du double, portant le nombre à quelque 32’000 chrétiens.

Un afflux massif de réfugiés qui pose quelques difficultés

Mgr Warda relève que pour les chrétiens qui ne parlent pas la langue kurde, la situation est difficile sur le plan du travail. «Il faut parler la langue pour avoir un magasin, faire du commerce avec les gens. Dans certaines zones du Kurdistan où il y a 25 villages, le travail est un problème. On a besoin de l’aide des communautés chrétiennes étrangères pour lancer, ou développer, le secteur privé: écoles, hôpitaux, cliniques, petites usines où ils pourraient travailler et rester». Sans travail, il sera difficile d’assurer une présence chrétienne pérenne au Kurdistan.

Quant à la cohabitation sur place avec les musulmans, «elle se passe très bien», affirme l’archevêque chaldéen d’Erbil. Le dialogue de vie est cependant parfois troublé par quelques actes isolés de méfiance. «Par le passé, il est arrivé que certains ouvriers musulmans refusent de travailler sur des chantiers chrétiens». Mais actuellement quatre églises sont en construction grâce à une aide de 5 millions de dollars des autorités locales. (apic/radvat/be)

31 mai 2014 | 12:42
par webmaster@kath.ch
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