«Aucune puissance adverse ne pourra jamais détruire l’Eglise»
Visite du pape au Portugal Benoît XVI, «pauvre vicaire» du Christ, remercie les jeunes Portugais pour leur soutien dynamique
Lisbonne, 12 mai 2010 (Apic) Au terme de la première journée de son voyage au Portugal, dans la soirée du 11 mai 2010, devant quelques centaines de jeunes fidèles venus le saluer devant la nonciature de Lisbonne, Benoît XVI a fait part de sa reconnaissance pour leur «joyeux témoignage» et «pour la prévenance manifestée à son pauvre vicaire sur la terre».
Le pape a également remercié ces jeunes pour leur participation «dynamique et nombreuse» à la messe qu’il avait présidée quelques heures plus tôt sur le Terreiro do Paço, «prouvant ainsi leur foi et leur volonté de construire leur avenir sur l’Evangile».
S’exprimant depuis une fenêtre située au 1er étage de la nonciature, Benoît XVI a ensuite manifesté sa grande joie de pouvoir s’unir à la foule des pèlerins de Fatima à l’occasion du 10e anniversaire de la béatification de Jacinta et Francisco Marto, 2 des bergers à qui la Vierge est apparue en 1917. Dans l’après-midi du 12 mai, le pape rejoindra par hélicoptère le sanctuaire marial de Fatima, à 130 kilomètres au nord de la capitale portugaise. Il y restera jusque dans la matinée du 14.
Le pape a également demandé aux jeunes enthousiastes de le «laisser aller dormir». «Autrement, a ajouté Benoît XVI, la nuit ne serait pas bonne». Quelques semaines plus tôt, le pape avait passé une très mauvaise nuit à la nonciature de Malte, ont indiqué à l’agence I.MEDIA des sources vaticanes. Le lendemain matin, Benoît XVI s’était assoupi durant le petit-déjeuner à la représentation du Saint-Siège, puis durant la messe qu’il célébrait à La Valette.
Une société portugaise de tradition catholique mais menacée par le sécularisme
Auparavant, célébrant en fin d’après-midi la messe à Lisbonne quelques heures après être arrivé au Portugal, le 11 mai 2010, Benoît XVI a assuré qu’»aucune puissance adverse ne pourra jamais détruire l’Eglise». Dans une société portugaise de tradition catholique mais menacée par le sécularisme, le pape a invité les catholiques à témoigner de leur foi. Il présidait une messe devant quelque 70’000 fidèles sur le Terreiro do Paço, place majestueuse aux bords du Tage où se trouvait le Palais Royal jusqu’à sa destruction lors du tremblement de terre de 1775.
Benoît XVI a célébré la messe sur une grande place entourée de plusieurs ministères aux façades jaune, et en présence des plus hautes personnalités de l’Etat. Les dizaines de milliers de fidèles présents ont littéralement acclamé le pape lors de son arrivée, un pape apparu particulièrement souriant pour ce premier rendez-vous avec la foule. Célébrant la messe depuis un podium moderne bâti à quelques mètres du fleuve, Benoît XVI a prononcé une homélie aux accents parfois poétiques.
«L’Eglise ne manque pas d’»enfants récalcitrants et même rebelles»
Le pape, s’il a affirmé que l’Eglise ne manquait pas d’»enfants récalcitrants et même rebelles», a surtout assuré «qu’aucune puissance adverse ne pourra détruire l’Eglise». Des propos particulièrement applaudis. Pour autant, Benoît XVI a demandé à l’Eglise du Portugal d’annoncer de nouveau «avec vigueur et joie l’évènement de la mort et de la résurrection du Christ, cœur du christianisme, fondement et soutien de notre foi, levier puissant de nos certitudes, vent impétueux qui balaie toute peur et toute indécision, tout doute et tout calcul humain».
Devant les fidèles du Portugal, où l’influence de l’Eglise décline peu à peu, Benoît XVI a aussi regretté que les chrétiens s’inquiètent «fébrilement des conséquences sociales, culturelles et politiques de la foi, escomptant que cette foi existe, ce qui malheureusement s’avère de jour en jour moins réaliste». Benoît XVI a aussi mis en garde devant la confiance excessive mise «dans les structures et dans les programmes ecclésiaux, dans la distribution des responsabilités et des fonctions». «Mais qu’arrivera-t-il si le sel s’affadit ?», s’est demandé le pape. En réponse, il a souhaité que «tout chrétien se transforme en témoin capable de rendre compte à tous et toujours de l’espérance qui l’anime».
Après avoir évoqué la place «glorieuse» que le Portugal «s’est acquise parmi les nations pour le service offert à la diffusion de la foi», Benoît XVI a par ailleurs noté que le pays, en participant aujourd’hui à l’édification de la Communauté européenne, apportait la contribution de son identité culturelle et religieuse. Il a aussi souhaité que Lisbonne puisse «fonder (ses) espérances humaines sur l’Espérance divine».
Au terme de cette messe, le pape a évoqué le 50e anniversaire de la fondation du sanctuaire du Christ-Roi situé sur l’autre rive du Tage, face à Lisbonne, dans la ville de Almada. Dans son message, Benoît XVI a particulièrement souhaité que ce lieu incite chaque fidèle à «promouvoir la croissance de l’amour, de la justice et de la paix par des interventions dans la société en faveur des pauvres et des opprimés». Il y a un demi-siècle, après son voyage au Brésil, le patriarche de Lisbonne de l’époque, Manuel Gonçalves Cerejeira (1888-1977), s’inspira de la célèbre statue du Christ-Rédempteur surplombant la baie de Rio de Janeiro afin de construire à Lisbonne un monument d’aspect similaire. Le Christ-Roi, statue de 20 mètres de haut s’élève à 113 mètres au-dessus du niveau du Tage.
Après la messe, Benoît XVI a rejoint la nonciature de Lisbonne pour y passer sa première nuit sur le sol portugais. Il y a aussi salué les jeunes qui l’attendaient devant la représentation du Saint-Siège. (apic/imedia/ami/be)



