Biélorussie: Des prêtres polonais se voient refuser leur permis de travail
Aucune raison n’a été donnée par le gouvernement
Minsk, 13 janvier 2010 (Apic) Le gouvernement de Biélorussie a refusé de renouveler les permis de travail d’un groupe de prêtres catholiques romains originaires de la Pologne voisine, qui officiaient dans le pays pour pallier le manque d’ecclésiastiques locaux.
«Aucune raison n’a été donnée. Tout ce que nous savons, c’est qu’on ne les a pas autorisés à poursuivre leurs fonctions religieuses ici», a déclaré à l’agence œcuménique ENI le père Aleksander Amialchenia, attaché de presse de la Conférence épiscopale du pays. «Des pourparlers sont en cours, et il est important que la question soit traitée à travers le dialogue plutôt qu’au moyen du conflit et de pressions», a affirmé le père Amialchenia au cours d’une interview le 11 janvier. «Bien qu’il existe des problèmes et des malentendus, nous espérons progresser vers une résolution de ceux-ci.»
Le prêtre catholique romain s’exprimait alors que trois ecclésiastiques polonais se préparent à rentrer chez eux suite au refus du Comité des affaires religieuses du gouvernement de renouveler leurs permis de travail. Selon le Père Amialchenia, les prêtres disposent de permis de séjour valables. Il a ajouté que les informations selon lesquelles ils ont été expulsés ou qu’on leur a ordonné de quitter le pays sont incorrectes. Cependant, ils devront rentrer en Pologne s’ils souhaitent faire appel de la décision ou déposer de nouvelles demandes de permis.
Les prêtres polonais constituent la moitié du clergé
Les prêtres polonais constituent actuellement la moitié du clergé catholique romain en Biélorussie, a-t-il expliqué. Néanmoins, de nombreux ecclésiastiques de Lituanie et d’autres pays travaillent également dans le pays et il a affirmé que les journaux polonais ont «réagi de manière exagérée» en disant que les restrictions «ciblent exclusivement» les prêtres polonais. «Il existe des problèmes complexes ici, qu’il ne faudrait ni simplifier ni généraliser», a souligné le père Amialchenia. Selon Andrzej Zylewicz, un responsable de l’ordre catholique des capucins en Biélorussie, les autorités du pays s’opposent à ce que les prêtres polonais mènent leur travail pastoral en polonais.
Les catholiques, qui constituent environ 17% des 9,64 millions d’habitants de la Biélorussie, se sont plaints à plusieurs reprises de discriminations sous le régime du président Aleksandr Lukashenko, réélu en mars 2006 sur fond d’accusations de fraude électorale et d’intimidations. La plupart des citoyens du pays sont des chrétiens orthodoxes.
L’agence de presse en ligne de l’Eglise catholique en Biélorussie, Catholic.by, a indiqué que quatre prêtres et six religieuses de Pologne se sont également vu refuser une prolongation de leurs permis de travail il y a un an après être venus apporter leur aide aux 480 paroisses catholiques romaines du pays.
L’archevêque catholique de Biélorussie, Tadeusz Kondrusiewicz, a affirmé n’avoir vu «aucune véritable raison concrète» aux restrictions. «Bien sûr, les religieux et religieuses étrangers qui viennent en Biélorussie doivent avoir une bonne connaissance de la culture locale et apprendre la langue – c’est une condition», a déclaré l’archevêque sur le site Catholic.by. «Mais ce n’est qu’à travers le dialogue que quoi que ce soit pourra se réaliser.» (apic/eni/bb)



