Jean Paul II invite le monde à l’effort urgent et à l’entente résolue

Audience hebdomadaire: Le pape consacre sa catéchèse aux attentats du 11 septembre

Rome, 11 septembre 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a condamné mercredi lors de l’audience générale les actes terroristes «cruels et barbares» commis l’an dernier aux Etats-Unis. Devant quelque 8’000 pèlerins venus du monde entier, réunis dans la salle Paul VI du Vatican et à travers la télévision, le pape a rendu hommage aux victimes et appelé la communauté internationale à un effort «nécessaire» et «urgent» d’entente «mutuelle et résolue».

«D’innombrables personnes dans le monde entier consacrent aujourd’hui leurs pensées à la ville de New York où le 11 septembre de l’année dernière, les tours jumelles du World Trade Center se sont effondrées à la suite d’un attentat atroce, ensevelissant dans leurs ruines beaucoup de nos frères et de nos soeurs innocents», a-t-il commenté. «Un an après, nous voulons évoquer à nouveau ces victimes du terrorisme et les recommander à la miséricorde de Dieu», a-t-il dit, avant d’ajouter: «Mais nous voulons également interpeller les consciences de ceux qui ont planifié et réalisé un projet aussi barbare et cruel».

Pour Jean Paul II, «aucune situation d’injustice, aucun sentiment de frustration, aucune philosophie ou religion ne peuvent justifier une telle aberration. Toute personne humaine a le droit au respect de sa propre vie et de sa dignité, qui sont des biens inviolables. Dieu le dit et le droit international le sanctionne. La conscience humaine le proclame et la coexistence civile l’exige».

«Le terrorisme est et sera toujours une manifestation féroce et inhumaine et, à cause de cela, il ne pourra jamais résoudre les conflits entre les êtres humains», a encore souligné le pape, qui a aussitôt mis en garde: «La vexation, la violence armée et la guerre sont des choix qui engendrent seulement la haine et la mort». Et Jean Paul II d’apporter un premier remède aux injustices: «Seule la raison et l’amour sont des moyens valables pour surmonter et résoudre les conflits entre les personnes et les peuples. Un effort urgent, concerté et résolu est nécessaire afin de promouvoir de nouvelles initiatives politiques et économiques en mesure de résoudre les situations d’injustice et d’oppression scandaleuses qui continuent d’affliger tant de membres de la famille humaine en créant des conditions favorables à l’explosion incontrôlable des désirs de vengeance».

Droits fondamentaux violés: terreau de la violence et de la haine

Quand les droits fondamentaux sont violés, a précisé le pape, il est facile de devenir la proie des tentations de la haine et de la violence. Pour lui, «il faut bâtir ensemble une culture globale de la solidarité qui redonne aux jeunes l’espoir dans l’avenir». Et d’insister: «Seulement à partir de la vérité et de la justice peuvent jaillir la liberté et la paix. Sur ces valeurs, il est possible de bâtir une vie digne de l’homme. En dehors de ces valeurs, il n’y a que ruine et destruction. En ce très triste anniversaire, nous élevons à Dieu notre prière afin que l’amour puisse remplacer la haine, et qu’avec l’engagement de toutes les personnes de bonne volonté, la concorde et la solidarité puisse s’affirmer dans tous les points de la terre».

Le pape s’est enfin adressé aux pèlerins pour leur demander de s’associer à ses prières prononcées en Français, en Arabe et en Espagnol. S’adressant à ses compatriotes, le pape a encore fait un lien entre le 11 septembre et les victimes polonaises de l’Allemagne d’Hitler en septembre 1939.

Prière en arabe

Lors de cette commémoration, une prière a par ailleurs été lue en arabe pour inviter «les croyants de toutes les religions à rejeter avec fermeté toute forme de violence et à s’engager à résoudre les conflits par un dialogue sincère et patient, respectueux des différentes expériences historiques, culturelles et religieuses». L’ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, James Nicholson, était présent.

Le pape est arrivé peu avant l’audience de Castelgandolfo en voiture, où il séjourne jusqu’à la fin du mois de septembre. Il devrait rentrer dans sa résidence d’été, située à une trentaine de kilomètres de Rome, après avoir célébré les obsèques du cardinal Lucas Moreira Neves dans la basilique Saint-Pierre, en fin d’après-midi.

Depuis le 11 septembre 2001, le pape a régulièrement condamné les actes terroristes survenus aux Etats-Unis. La dernière allusion a été faite le 7 septembre 2002, en présence de la nouvelle ambassadrice d’Angleterre près le Saint-Siège, Kathryn Frances. A cette occasion, le Saint-Siège avait insisté sur le fait que ce discours est «à distinguer clairement d’une prise de position sur d’éventuelles attaques en Irak». Un sujet sur lequel le Saint-Siège pourrait intervenir après le discours du président Bush à l’ONU, prévu le 12 septembre. (apic/ag/imedia/pr)

11 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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