Enfants gravement perturbés, mais le gouvernement minimise

Australie: Accablante étude sur les centres de détentions pour demandeurs d’asile

Sydney, 20 mai 2003 (Apic) Une étude publiée en Australie sur la souffrance des enfants dans les centres de détention australiens pour demandeurs d’asile met gravement en cause les autorités. Il s’agit de la première étude systématique sur la santé mentale dans les centres de détention, présentée la semaine dernière au congrès annuel du Collège royal des psychiatres d’Australie et de Nouvelle-Zélande. L’étude a suivi les cas de 10 familles avec 20 enfants, âgés de 3 à 19 ans, et a constaté chez ces enfants le degré le plus élevé de maladie mentale enregistré dans la littérature médicale moderne.

L’étude sur la santé mentale dans les centres de détention a été coordonnée par l’Université de la Nouvelle-Galles-du-Sud et conduite en secret après le refus du gouvernement australien de coopérer avec les chercheurs. Le gouvernement s’est pour sa part contenté de minimiser la portée de l’étude.

L’étude a conclu que les enfants étaient tout à fait sains avant leur détention, mais qu’après deux ans ils avaient au moins une maladie psychiatrique. Plus de la moitié d’entre eux présentaient des désordres multiples, souffrant notamment de stress post-traumatique et de dépression.

Beaucoup d’entre eux ont été les témoins de tentatives de suicide et de violences et avaient été victimes d’abus.

Pour Soeur Patty Fawkner, directrice du Centre jésuite de justice sociale Uniya de Sydney, la détention obligatoire des demandeurs d’asile en Australie équivaut à «un abus institutionnalisé perpétré contre des enfants. S’il est vrai que la force morale et l’intégrité d’un pays se reflètent dans la manière dont il traite les plus vulnérables, alors l’Australie a complètement échoué. Ce pays est moralement coupable», déclare-t-elle.

Des promesses, encore des promesses

Ces commentaires font suite à la publication de la première étude systématique sur la santé mentale dans les centres de détention australiens, présentée la semaine dernière au congrès annuel du Collège royal des psychiatres d’Australie et de Nouvelle-Zélande. L’étude a suivi les cas de 10 familles avec 20 enfants, âgés de 3 à 19 ans, et a constaté chez ces enfants le degré le plus élevé de maladie mentale enregistré dans la littérature médicale moderne.

«Les centres de détention ne sont pas un lieu pour des enfants et à la lumière de cette étude, les garder dans ces endroits pourrait bien constituer un abus institutionnalisé contre ces enfants», constate Soeur Fawkner.

Même si le gouvernement a promis de reloger ailleurs les mères et enfants, Soeur Patty Fawkner relève qu’il y a encore plus de 200 enfants dans les centres de détention d’Australie et de Nauru, une île du Pacifique où certains réfugiés demandeurs d’asile en Australie sont regroupés.

Depuis plusieurs années, les Eglises australiennes protestent contre la politique de détention obligatoire des demandeurs d’asile et des réfugiés. Le Conseil national des Eglises d’Australie a qualifié ces centres de «scandale» et s’est associé avec Amnesty International et d’autres groupes de défense des droits pour réclamer l’ouverture d’une enquête sur le traitement des réfugiés et demandeurs d’asile en Australie. (Apic/eni/pr)

20 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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