Expulsés d’Australie, certains risquent la mort

Australie: Chrétiens, musulmans et juifs se mobilisent pour les réfugiés

Sydney, le 3 décembre (APIC) Des représentants chrétiens, musulmans et juifs affirment que certains demandeurs d’asile refusés par l’Australie risquent la mort lorsqu’ils retournent dans leur pays. Les responsables religieux dénoncent également les «pratiques inhumaines» lors des expulsions.

Les responsables religieux remarquent que certains réfugiés, dont la demande d’asile a été rejetée par l’Australie, ont été acceptés dans d’autres pays. Chrétiens, juifs et musulmans dénoncent des pratiques inhumaines, notamment l’usage de sédatifs et de la force, qui sont employés pour expulser les requérants d’asile.

Le groupe, qui comprend des représentants des Eglises anglicane, unie et catholique romaine, et des communautés juive et musulmane, a publié un dossier d’études de cas pour étayer ses affirmations. Le ministre de l’Immigration, Philip Ruddock, a répondu qu’il allait se pencher sur ce dossier, tout en niant que le gouvernement soit responsable du sort des quelque 10’000 demandeurs d’asile renvoyés. Le gouvernement avait été réélu l’an dernier en partie en raison de sa ligne dure concernant les réfugiés, rappelle l’agence ENI.

L’Etat conteste le bien fondé des revendications

Le bureau du ministre a aussi déclaré que les études de cas présentées par les représentants religieux étaient basées sur des preuves peu solides. Or, les groupes religieux soutiennent que ces preuves révèlent que certains demandeurs d’asile renvoyés de l’Australie étaient parfois tués, emprisonnés, torturés ou disparaissaient lors de leur retour dans leur pays.

Les cas publiés par le groupe comprennent entre autres celui d’Alvaro Moralez, qui aurait été assassiné en Colombie après avoir été expulsé d’Australie. Alvaro Moralez était l’un des nombreux Colombiens ayant fui vers l’Australie pour échapper aux forces paramilitaires colombiennes. Il a été abattu à Bogota après son retour. Son épouse et son bébé sont restés à Sydney et pourraient être expulsés d’Australie. La famille faisait partie d’un mouvement regroupant des Colombiens en Australie, qui a organisé une manifestation pacifique devant le consulat colombien le 28 août. La mort d’Alvaro Moralez a déclenché une enquête du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Même si le gouvernement australien maintient qu’Alvaro Moralez est reparti dans son pays d’origine «volontairement», les groupes religieux font observer qu’il n’avait pas le choix: s’il n’avait pas accepté de repartir, il aurait été expulsé.

Une porte-parole du rassemblement de responsables religieux, Frances Milne, du mouvement pour la protection des demandeurs d’asile, a précisé que les dossiers avaient été étudiés avec la collaboration d’une équipe universitaire, qui avait effectué des recherches sur le sort du plus grand nombre d’expulsés. Les responsables religieux ont appelé le gouvernement australien à stopper immédiatement l’expulsion des demandeurs d’asile vers tout autre pays dont le gouvernement n’aurait pas manifesté la volonté d’offrir une protection efficace. (apic/eni/sh)

3 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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