Les opposants à ces JMJ pourront manifester

Australie: Dans l’attente du premier bain de foule de Benoît XVI, jeudi

Sydney, 15 juillet 2008 (Apic) Le pape prendra son premier bain de foule jeudi 17 juillet, lors de la cérémonie d’accueil. En attendant, depuis son arrivée, dimanche, il se repose dans le Kenthurst Study Centre, une maison de l’Opus Dei dans la banlieue de Sydney. Mardi, une cour de justice a autorisé les opposants à ces JMJ à manifester.

Après Cologne, l’Australie. Les «vraies» premières JMJ pour Benoît XVI: celles de Cologne, en août 2005, juste après son élection auxquelles il avait certes participé, avaient été préparées et organisées sous le pontificat précédent. «Un rude pari pour ce pape moins à l’aise que Jean Paul II avec les jeunes», écrit «La Croix. D’autant plus que la foule habituelle, on le sait, ne sera pas au rendez-vous. Sans doute à peine plus de 100’000 jeunes Australiens, dans un pays où les catholiques ne représentent que 26 % de la population. Et bien moins de jeunes du reste du monde, en raison des prix.

Et l’éloignement, a reconnu le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, a constitué le plus grand obstacle pour les jeunes des autres pays, aussi bien d’Amérique que d’Europe: on attend environ 125’000 jeunes étrangers.

Selon un sondage de la fondation Bertelsmann, la moitié des 20,3 millions habitants n’ont aucune pratique religieuse en Australie. Si, avec 5,5 millions de baptisés, les catholiques forment la minorité religieuse la plus homogène, la pratique est en baisse, notamment chez les jeunes.

De plus, l’Eglise australienne a, comme celle des États-Unis, beaucoup souffert de scandales de prêtres pédophiles. Chacun attend ici de Benoît XVI une parole sur ce sujet. Dans l’avion, devant les journalistes, le pape n’a pas hésité à reprendre le ton qu’il avait déjà utilisé aux États-Unis pour condamner fermement de tels actes et leurs auteurs, et rappeler que cela était totalement incompatible avec le sacerdoce.

Selon le quotidien français, ces Journées mondiales de la jeunesse australienne s’annoncent donc particulièrement délicates pour le pape. Elles constituent sans doute un test pour l’avenir, pour savoir si ce type de manifestation a encore un sens dans l’Église de l’après Jean Paul II.

La décision de la justice

Autre paramètres: les opposants à ces JMJ, les uns en raison des coûts élevés pris en charge par les contribuables, et d’autres séries de griefs, liés aux restrictions, aux mesures de sécurité, et même à l’abatage de nombreux arbres. Or, les opposants à ces JMJ pourront à nouveau s’exprimer librement. Pour l’heure, tout s’est déroulé dans le calme. Mais c’était avant la décision de la cour fédérale australienne, qui a annulé mardi un texte de loi voté par le Parlement de Nouvelle Galles du Sud. Ce texte visait à empêcher les opposants d’»importuner» les pèlerins durant les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) organisées à Sydney.

Ce texte ayant valeur de loi dans l’Etat qui a pour capitale Sydney, rappelle l’AFP, voté avant le début des JMJ, avait été attaqué par des opposants estimant qu’il allait à l’encontre de la liberté d’expression. La cour fédérale a estimé que l’intention du Parlement ne pouvait pas être d’interférer avec l’exercice du «droit fondamental à la libre expression».

Selon l’Agence France presse, l’article de loi visant à «empêcher les comportements dérangeants» a donc été annulé. En revanche, les juges n’ont rien trouvé à redire à un article qui interdit la vente d’articles provocateurs, tels des T-shirts, estimant qu’elle n’allait pas à l’encontre de la liberté d’expression. Les opposants aux messages de l’Eglise notamment sur la contraception ont promis d’accueillir les pèlerins par une distribution de préservatifs. (apic/cx/idg/ag/pr)

15 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!