Action en justice rejetée par la Cour suprême

Australie: Financement des JMJ par le gouvernement: grogne et controverse

Canberra, 3 juillet 2008 (Apic) L’organisation de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) en Australie suscite des controverses politiques, parmi nombre de citoyens australiens.

La Cour suprême australienne vient du reste de rejeter une action en justice émanant de personnes qui s’opposent au financement, par le gouvernement, des JMJ, organisée par l’Eglise catholique, qui devrait attirer plus de 225’000 personnes à Sydney, du 15 au 20 juillet.

La Journée mondiale de la jeunesse a reçu plus de 150 millions de dollars australiens (91 millions d’euros) entre les subventions du gouvernement fédéral et des Etats, les fonds des sponsors privés et les revenus tirés de la vente de billets.

Le 27 juin, la Cour suprême a rejeté l’action en justice contre le financement de l’événement par le gouvernement, menée par Carmelo Vescio, un catholique non pratiquant de Sydney. Il a affirmé que l’utilisation des fonds publics nationaux pour cet événement violait la Constitution australienne en interférant avec la liberté religieuse des citoyens.

Nouvelle demande?

La juge Caroline Crennan a décidé que les arguments étaient trop politiques et que la demande de Carmelo Vescio n’avait pas été préparée de manière adéquate. Celui-ci peut encore déposer une nouvelle demande.

Le doyen anglican de Sydney, Phillip Jensen, qui a déclaré qu’il boycotterait l’événement afin de «protester contre l’autorité que revendique l’Eglise catholique romaine», a néanmoins affirmé penser que les dépenses du gouvernement pour cette manifestation sont justifiées.

«Environ un quart des contribuables australiens sont des catholiques romains. Ils ont tout à fait le droit de profiter d’un rassemblement de leurs semblables», a indiqué le doyen Jensen. Les organisateurs de la Journée mondiale de la jeunesse affirment que l’événement n’exclura personne. «Chacun peut participer», peut-on d’ailleurs lire sur leur site web.

Lois contestées

L’événement a suscité une autre controverse, liée à des lois strictes adoptées par le gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud, qui restreignent les manifestations pendant la Journée mondiale de la jeunesse. Ces lois, qui sont entrées en vigueur début juillet, permettent à la police d’appréhender ou de verbaliser les manifestants qui «causent des ennuis» aux participants à la Journée mondiale de la jeunesse. Les organisations de défense des droits de la personnes, telles que le Conseil pour les libertés civiques de Nouvelles-Galles du Sud, ont critiqué l’étendue des pouvoirs que ces lois confèrent à la police.

«Ce genre d’amendement est extrême, inutile et susceptible de causer une escalade du conflit lorsque des officiers donnent des ordres», a déclaré Cameron Murphy, président du Conseil, au Sydney Morning Herald.

Des organisations telles que la NoToPope Coalition (Coalition non au pape) ont annoncé qu’elles manifesteraient quelles que soient les restrictions. L’organisation prévoit de distribuer des préservatifs aux jeunes en signe de protestation conter les enseignements catholiques en matière de sexualité. «Nous allons protéger nos libertés civiques et aider les jeunes à protéger leur santé, et aucun pape ou Premier ministre ne nous en empêchera», a déclaré le 1er juillet Rachel Evans, porte-parole de la Coalition.

Examen de l’enveloppe

Le rôle du gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud dans le financement de l’événement est également sous le feu des critiques. Le vérificateur général a annoncé un examen de l’enveloppe de 108,5 millions de dollars australiens (65.8 millions d’euros) accordée par le gouvernement de l’Etat à la Journée mondiale de la jeunesse. C’est la députée du Parti des verts Lee Rhiannon qui a demandé cet examen.

Selon un communiqué de presse de Lee Rhiannon publié fin juin, le gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud aurait apporté une contribution quatre fois plus importante que celle des pays organisateurs lors des deux dernières Journées mondiales de la jeunesse, à Toronto et à Cologne. (apic/eni/pr)

3 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!