Rencontre avec Mgr F. Kohn, du Conseil pontifical pour les laïcs

Australie: L’Eglise d’Australie espère relancer une dynamique missionnaire

Marine Soreau, agence I.MEDIA

Rome, 10 juillet 2008 (Apic) L’Eglise d’Australie a «enclenché une dynamique missionnaire» à l’occasion de l’organisation de la 23e Journée Mondiale de la Jeunesse (JMJ). Dans une société multiculturelle et sécularisée, la réussite de cet événement est un «véritable défi», a estimé Mgr Francis Kohn, responsable de la «section jeunes» du Conseil pontifical pour les laïcs depuis 2002.

Le prélat français est chargé au Vatican de l’organisation de l’événement. Dans une interview accordée à l’agence I.MEDIA et à l’hebdomadaire catholique français Famille Chrétienne, il a aussi évoqué le lien entre Benoît XVI et les jeunes, présentant le pape comme un «maître spirituel» dont les homélies sont très attendues.

Q: A la veille de l’ouverture des JMJ, quelle est la mobilisation sur place ?

R: L’enthousiasme est réel et nous espérons que cela se concrétisera par une participation massive des jeunes Australiens. Ce n’est pas si évident dans cette société multiculturelle et sécularisée. La réussite de ces journées est un véritable défi pour la jeune Eglise d’Australie.

Depuis trois ans, les diocèses australiens ont enclenché une dynamique missionnaire. De nombreuses missions ont été organisées par des jeunes formés pour aller dans des écoles, dans les paroisses. Ajoutez à cela le pèlerinage de la Croix des JMJ, d’abord dans certains pays d’Asie et d’Océanie, puis en Australie depuis juillet dernier.

Ce pèlerinage a eu partout un impact très positif sur les jeunes. Espérant que cette Journée Mondiale puisse créer un électrochoc positif sur la jeunesse australienne, le Comité d’organisation de Sydney a même prévu un plan d’évangélisation pour les 20 prochaines années !

Q: Quelle participation est attendue ?

R: Environ 200’000 jeunes, dont la moitié sont des Australiens, sont inscrits pour toute la semaine, mais ils seront beaucoup plus nombreux à participer à la veillée du samedi soir et à la messe de clôture, le dimanche. Parmi la centaine de pays annoncés, les jeunes d’Océanie et d’Asie seront bien mieux représentés que d’habitude.

Ainsi des régions et des contrées qui n’ont jamais pu venir aux éditions précédentes des JMJ, comme les îles du Pacifique ou l’Indonésie par exemple, pourront cette fois-ci y participer. Dans les 235 lieux de catéchèses, une trentaine de langues différentes seront utilisées, dont certaines langues locales, comme le Samoan, le Pidgin et le Tétoun… Les Etats-Unis enverront plus de 15’000 jeunes, l’Italie 10’000 et la France un peu plus de 5’000.

Q: Le lien entre les jeunes et Benoît XVI est-il aussi fort qu’avec Jean Paul II ?

R: Le charisme de Benoît XVI est évidemment différent de celui de son prédécesseur. Mais, malgré la différence de style, sans doute moins «médiatique», il attire de grandes foules, parmi les jeunes en particulier. Sa personnalité touche beaucoup: sa bonté, sa douceur, son attention aux autres. Tout le contraire de l’image qu’on lui donnait avant qu’il ne soit pape.

Dans un monde dur et violent, il est une image de la sainteté. Autre élément fondamental, ce pape n’est pas simplement un grand théologien, c’est aussi un maître spirituel et ses homélies sont très attendues. Benoît XVI a une capacité exceptionnelle à développer des sujets importants et difficiles en termes simples et accessibles. Les jeunes sont attentifs à sa profondeur, à sa pédagogie parce qu’ils ont soif d’apprendre et qu’ils sont en quête de sens.

Q: «Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins» (Ac 1,8), c’est le thème choisi pour ces JMJ en Australie. Peut-on s’attendre à voir souffler l’Esprit Saint en rafale ?

R: C’est exactement l’objectif de cette Journée Mondiale de la Jeunesse. En invitant les jeunes du monde à se préparer spirituellement aux JMJ de Sydney, Benoît XVI avait pour objectif que cet important événement ecclésial soit une ’nouvelle Pentecôte’ pour l’Australie, pour le continent océanien et pour le monde entier.

Q: L’Eglise en Australie est aujourd’hui très sécularisée. Le lieu est-il bien choisi pour espérer une nouvelle Pentecôte ?

R: C’est un retour aux sources ! Le capitaine Pedro de Quiros découvrit cette région du Pacifique en 1606 et la tradition rapporte que, le jour de la Pentecôte, il y planta la croix du Christ et déclara: «Au nom de Jésus, je prends possession de toute cette partie du Sud jusqu’au Pôle, qui à partir de maintenant s’appellera la Terre du Sud de l’Esprit Saint…».

Et c’est précisément en cette «Terre Australe de l’Esprit Saint» que Benoît XVI a donné rendez-vous aux jeunes dans quelques jours pour méditer le thème de la Pentecôte et approfondir avec eux le lien entre l’Esprit Saint et la mission.

Q: Comment pensez-vous sensibiliser les jeunes au thème de l’Esprit Saint ?

R: Le triduum des catéchèses (du mercredi au vendredi) comme les différentes célébrations avec le pape développeront ce thème pour aider les jeunes à prendre conscience que l’Esprit Saint est essentiel dans la vie chrétienne et que, sans lui, il est difficile d’envisager son baptême comme une véritable vocation à la sainteté à laquelle tous sont appelés.

Pour la grande majorité des chrétiens, l’Esprit Saint reste une notion théorique, il est le «grand inconnu», écrit Benoît XVI dans le Message adressé aux jeunes en préparation des JMJ de Sydney. Il devrait pourtant guider chaque chrétien dans son existence quotidienne. A Sydney, l’accent sera mis sur la confirmation qui est à la fois le sacrement de la perfection, qui fait de chaque baptisé un chrétien «accompli», et le sacrement de la mission. Au cours de la messe de clôture, le dimanche 20 juillet, le pape confirmera 24 jeunes provenant des cinq continents. (apic/imedia/ms/be)

10 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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