Les organisations chrétiennes divisées

Australie: Le gouvernement veut soutenir l’avortement dans les pays pauvres

Melbourne, 10 juin 2008 (Apic) En Australie, les organisations chrétiennes d’entraide internationale sont divisées sur la question de la révision, par le gouvernement, de la politique actuelle interdisant tout soutien financier à l’avortement dans le cadre du programme national d’aide humanitaire.

Pendant plus de 12 ans, la politique du gouvernement de centre-droit de l’ancien Premier ministre John Howard interdisait de consacrer des fonds de développement au financement d’avortements dans les pays pauvres. Une interdiction similaire existait aux Etats-Unis. L’Australie et les Etats-Unis seraient les deux seuls pays occidentaux à insister sur cette interdiction, affirme l’agence de presse oecuménique ENI.

Stephen Smith, un catholique romain, ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement travailliste de centre-gauche, a toutefois annoncé qu’il était en train de réexaminer cette interdiction. Les opposants à l’ancienne politique considéraient qu’elle était en contradiction avec les droits actuels des femmes australiennes qui, globalement, ont le droit de choisir d’avoir recours à l’avortement.

Ainsi, relève ENI, Kerry Enright, directeur de l’agence d’entraide de l’Eglise unie d’Australie, Uniting Church Overseas Aid, a déclaré qu’il soutenait cette modification, qui permettrait à la politique d’entraide étrangère de l’Australie d’aller dans le sens des droits des Australiennes. Il s’est expliqué dans l’édition du quotidien The Age du 4 juin: «Nous estimons que les femmes doivent avoir entre leurs mains toutes les informations nécessaires pour prendre des décisions en connaissance de cause, or l’absence de ces informations pourrait porter préjudice à des vies humaines. Les femmes des pays en développement ne devraient pas être moins informées que les femmes d’Australie.»

Opposition du côté catholique

Pour sa part, Jack de Groot, chef de l’agence d’entraide catholique Caritas, s’oppose à ce point de vue. «La plupart des Australiens pensent que l’aide internationale de l’Etat ne devrait pas être utilisée pour financer l’avortement», a-t-il déclaré dans le Sydney Morning Herald. Le sénateur du Parti national Ron Boswell soutient Jack de Groot. Il a demandé au gouvernement «si les pays étrangers s’étaient adressés à lui pour lui demander de les aider à financer des services d’avortement». Les services en charge auraient alors «répondu qu’ils n’étaient pas au courant d’une quelconque demande concernant le financement d’activités liées à l’avortement.»

Le Lobby chrétien australien s’oppose également au revirement de la politique. Jim Wallace, directeur du groupe, a déclaré: «L’an dernier, pour la première fois dans l’histoire de l’Australie, le financement de l’aide étrangère est devenu un thème de campagne électorale. Cela était du en grande partie à la pression exercée par les Eglises et les organisations chrétiennes pour que le financement de l’aide soit augmenté.» Il a ajouté: «Les chrétiens ayant soutenu l’augmentation de l’aide seraient outrés de penser qu’une partie puisse être consacrée à mettre fin à la vie de foetus dans des pays pauvres.» (apic/eni/bb)

10 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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