Christianisme en perte de vitesse

Australie: Le recul du christianisme oblige les Eglises à redéfinir leurs structures

Sydney, 30 juin 2002 (APIC) Le recul du christianisme en Australie révélé par les chiffres d’un recensement oblige les Eglises à relever le défi des temps modernes et à redéfinir leurs structures et leurs activités, estime John Henderson, secrétaire général du Conseil national des Eglises de ce pays.

Les résultats du recensement national conduit en 2001, mais publiés ce mois- ci, montrent en effet une baisse des mariages, des naissances et une augmentation du nombre de ceux qui disent n’avoir aucune religion. Même si le christianisme reste la religion dominante en Australie, il continue de perdre des fidèles alors que d’autres religions deviennent de plus en plus populaires.

Ces chiffres confirment les tendances déjà reconnues par les Eglises, admet John Henderson. «Nous devons faire face à ces courants de la société, tout comme nous devons faire face à la montée du matérialisme et de la privatisation.»

Pour John Henderson, les Eglises doivent se redéfinir pour s’adapter aux exigences contemporaines. «Nous ne pouvons plus continuer comme par le passé. Nous devons vérifier si nos structures existantes facilitent la communication du message chrétien central».

Le secrétaire général du Conseil attribue la baisse de ces chiffres à une «nouvelle franchise» en société. Les chrétiens qui ne pratiquent pas sont moins enclins à déclarer une appartenance religieuse. «Il n’y a pas autant d’avantages à être chrétien aujourd’hui dans la vie professionnelle ou sociale. Il peut même être embarrassant pour certains d’être identifiés avec une religion, et de dire qu’on est pratiquant».

Déclin de la famille traditionnelle

Le recensement montre aussi un grand déclin de la vie familiale traditionnelle. En 1971, seulement 36 % des gens âgés de 20 à 29 ans ne s’étaient jamais mariés. Trente ans plus tard, ce chiffre est passé à 76 %. Seuls 51 % des adultes sont mariés – ils étaient 56 % en 1991 et 64 % en 1954. En trente ans, les familles monoparentales sont devenues deux fois et demie plus nombreuses, et représentent 15 % des familles.

Le chiffre de ceux qui se déclarent sans religion – et représentent aujourd’hui 15 % de la population – a doublé depuis trente ans.

Par ailleurs, le nombre de ceux qui se disent chrétiens est passé à 68 % de la population en 2001, une baisse de plus de 2% depuis le dernier recensement en 1996.

Même si le christianisme reste la principale religion dans le pays, avec plus de 12,8 millions de croyants, le bouddhisme et l’islam attirent un nombre de plus en plus grand d’adeptes. Au total, 4,9 % de la population, soit 911’226 personnes, se considèrent comme adeptes d’une religion non chrétienne; ce chiffre était de 3,5 % en 1996. Le bouddhisme l’emporte sur l’islam comme la foi dominante après le christianisme. 25% disent n’avoir «aucune religion» ou ont refusé de répondre.

Le Conseil national des Eglises, conseil associé du Conseil oecuménique des Eglises, est un organisme regroupant 15 Eglises – entre autres anglicane, catholique romaine, unie, grecque-orthodoxe, luthérienne et l’Armée du Salut. (apic/eni/pr)

30 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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