Rome ne veut pas d’absolution collective

Australie: Le troisième rite de la réconciliation provoque un vif débat parmi les catholiques

Sydney, 9 avril 1999 (APIC) La pratique des cérémonies pénitentielles en commun avec absolution collective a presque totalement disparu des églises catholiques australiennes en cette période de Pâques, après l’avertissement lancé par le Vatican, qui s’inscrit dans le débat opposant les catholiques traditionnels et progressistes du pays.

Depuis quelques années, en Australie et ailleurs, des célébrations pénitentielles, au cours desquelles le prêtre accorde la rémission des péchés de la communauté, suscitent un vif débat. En Australie, les membres du «Centre de promotion du catholicisme» ont suivi ces services religieux pour obtenir la preuve de ce que le fondateur du centre, l’avocat Paul Brazier, de Sydney, considère comme des «cérémonies illicites».

Connues en Australie sous le nom de «troisième rite de la réconciliation», les cérémonies pénitentielles avec confession et absolution générales se sont multipliées en Australie et sont bien acceptées par les catholiques qui les préfèrent à la confession individuelle.

Leurs opposants rappellent avec force que le droit canon stipule que la confession individuelle est la norme. Selon le droit canon, l’absolution des péchés, sans confession individuelle au préalable, ne peut être donnée à plusieurs pénitents ensemble, à moins qu’il n’existe un danger de mort, ou que les prêtres n’aient pas le temps d’entendre la confession des personnes «dans les cas de grave nécessité». Le droit canon précise néanmoins que la décision en appartient à l’évêque diocésain en tenant compte des critères établis par la Conférence épiscopale.

Sous la pression des opposants, conjuguée aux avertissements romains, la plupart des évêques et des prêtres ont cessé de donner la confession et l’absolution générales avant Pâques. «La pratique du troisième rite dans ce pays, qui est un acte de désobéissance institutionnalisé et répandu, est aujourd’hui terminée», s’est félicité Paul Brazier dans une interview au journal «Australian».

Le retrait de cette pratique a eu lieu quelques mois après la dernière visite «ad limina» au Vatican des évêques australiens. Dans son discours, le pape Jean-Paul leur rappelait que «la nature personnelle du péché, de la conversion, du pardon et de la réconciliation est la raison pour laquelle le rite de la pénitence exige la confession personnelle des péchés et l’absolution individuelle. Pour ce même motif, la confession et l’absolution générales ne sont adaptées que dans les cas de grave nécessité, clairement déterminés par les normes liturgiques et canoniques.»

Mgr Leonard Faulkner, archevêque d’Adelaïde, partisan des célébrations pénitentielles, déplore de son côté que «certains des responsables du Vatican ne comprennent pas notre situation. Ils écoutent trop facilement les groupes dissidents en Australie.» Parlant du Centre de promotion du catholicisme, il a fait observer que «la valeur négative de ses actions nous écarte des efforts que nous déployons pour construire une communauté de foi dans nos paroisses». (apic/eni/mp)

9 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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