L’archevêque de Sydney casse la décision du Synode

Australie: Les laïcs du diocèse de Sydney ne pourront pas présider l’Eucharistie

Sydney, 18 novembre 1999 (APIC) L’archevêque anglican de Sydney, Harry Goodhew, a cassé la décision du Synode de son diocèse prise le 19 octobre dernier d’autoriser les laïcs à célébrer l’Eucharistie. L’archevêque disposait d’un mois pour mettre son veto ou entériner ce vote. Par leur vote, les membres du Synode entendaient permettre aux laïcs de présider l’Eucharistie au même titre que les prêtres, et même sans leur présence.

Lors d’un vote qui a vu les deux tiers de l’assemblée soutenir le projet, le Synode de Sydney, à coloration fortement évangélique et composé de membres du clergé et de laïcs, avait décidé de rompre avec des siècles de tradition anglicane en permettant aux laïcs de présider la célébration de l’eucharistie pendant une période d’essai de cinq ans. La décision avait immédiatement entraîné de nombreuses critiques et condamnations.

L’initiative synodale, rejetée par Harry Goodhew, aurait constituée une première pour la Communion anglicane à travers le monde. Au lendemain du vote, le mot «division» était déjà avancé. En même temps que s’accentuait la polémique entre partisans et détracteurs de la proposition. Ces derniers faisaient remarquer que cette décision représentait une attaque contre le ministère susceptible de diviser l’Eglise australienne et d’isoler le diocèse de Sydney de la communauté anglicane dans le monde.

John Woodhouse, auteur de la motion adoptée par le Synode il y a un mois, estime de son côté que «l’Eglise anglicane continuera de fonctionner avec ses tensions et avec sa coopération, comme par le passé». Selon lui, les réformateurs du 16e siècle qui ont fondé l’Eglise d’Angleterre ont eu tort de conserver le mot «prêtre» pour désigner les ministres du culte. «Laisser les laïcs présider la célébration de l’eucharistie nous ramène au temps de la Réforme, à la redécouverte de la Bible, au sentiment que les prêtres chrétiens ne forment pas une classe à part qui jouit d’un statut ou d’un pouvoir spécial ou qui, dans un certain sens, se situe au-dessus des laïcs».

Les partisans reviendront sur la question

Le primat de l’Eglise australienne, l’archeveque Keith Rayner, de Melbourne, s’est félicité de la décision de l’archevêque Goodhew. Il a appelé les anglicans de Sydney à «soutenir leur archevêque et à laisser cette question derrière eux».

L’appel ne semble pas avoir été entendu par les partisans de cette démarche. Ces derniers ont promis de soumettre la question lors du prochain synode général, qui aura lieu à Brisbane en 2001 et réunira les représentants de tous les diocèses australiens. La même année, le successeur de l’archevêque Goodhew sera élu par le diocèse de Sydney. Deux tiers des membres du Synode de Sydney s’étant prononcés en faveur de la décision d’autoriser les laïcs à présider l’eucharistie, le prochain archevêque de Sydney pourrait bien soutenir cette initiative.

Le chanoine Bruce Ballantine-Jones, président de la Ligue anglicane, de tendance évangélique, a du reste d’ores et déjà annoncé la couleur et déclaré «ne pas croire que le Synode élira comme archevêque quelqu’un qui ne se prononcera pas sans ambiguïté pour la présidence de l’eucharistie par des laïcs».

En expliquant le rejet de l’initiative, l’archevêque Goodhew a reconnu que l’initiative avait reçu un certain soutien dans son diocèse, mais rappelé l’avis donné par la plus haute instance juridique de l’Eglise, à savoir que le diocèse ne pouvait prendre une telle décision sans l’accord du Synode général. L’archevêque a aussi évoqué les conséquences de l’approbation d’une telle décision, sur les plans national et international.

L’archevêque de Cantorbéry, George Carey, s’était également prononcé contre la décision du Synode de Sydney.

Les anglicans sont la deuxième communauté religieuse d’Australie, après les catholiques. Lors du recensement de 1996, 22 % de la population – c’est-à-dire 3,9 millions d’habitants – se déclaraient anglicans. Le seul diocèse de Sydney compte plus d’un million de membres. (apic/eni/pr)

18 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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