Australie: Pédophilie: Clause de non-divulgation pour les victimes reconnue par l’Eglise

L’Eglise a payé pour le silence «sans le savoir»

Canberra, 11 juin 2002 (APIC) L’Eglise catholique d’Australie reconnaît, contrairement à ses précédentes déclarations, l’existence d’une clause de non-divulgation lors des dédommagements accordés aux personnes victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Selon l’avocat représentant l’Eglise, les évêques n’auraient pas été informés de la présence de cette «clause standard».

Le journal «Sun-Herald» a révélé dimanche 9 juin les détails d’une clause de non-divulgation imposée à une femme handicapée, violée par un prêtre, lors d’un dédommagement versé par l’Eglise catholique d’Australie. John McCarthy, l’avocat représentant l’Eglise, a déclaré à la télévision australienne que cette clause présente dans les arrangements entre l’Eglise et les victimes «n’avait pas été portée à l’attention des évêques».

L’avocat explique que la clause de non-divulgation est habituellement présente dans tout arrangement portant sur un dédommagement de ce type. J. McCarthy reconnaît que cette clause est en contradiction avec le protocole adopté par l’Eglise pour les cas de dédommagement d’abus sexuels. Selon les directives de l’Eglise, «l’obligation de garder le silence ne doit pas être imposée».

L’archevêque de Sydney, Mgr George Pell, qui maintient n’avoir jamais exigé le silence pour dédommagement, déclare que «de toute évidence les diocèses doivent entreprendre un travail de clarification et de coordination pour éviter tout malentendu». Le prélat précise que ces «malentendus» concernent peu de personnes.

Au contraire, «Broken Rites», une association d’aide aux victimes, estime qu’il existerait plus de 1’000 cas de «silence acheté». Cette association critique la politique de l’épiscopat australien, estimant qu’il devrait encourager les victimes à s’en remettre à la police plutôt qu’à l’Eglise.

Ces révélations arrivent quelques jours après les excuses pour le «mal causé par les abus sexuels commis par des membres du clergé» présentées par Mgr Pell, ainsi que par Mgr Denis Hart, archevêque de Melbourne. Ils avaient alors insisté sur le fait que les dédommagements versés n’étaient pas des «pots-de-vin» destiné à acheter le silence des victimes. (apic/bbc/sh)

11 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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