Australie: Un rassemblement aux couleurs aborigènes lors de la visite du pape

Montrer le «visage indigène de l’Eglise catholique d’Australie»

Rome, 10 juillet 2008 (Apic) Les 23e JMJ prendront les couleurs de la riche tradition aborigène australienne. La culture indigène sera en effet mise à l’honneur au cours des cérémonies et des rencontres pontificales. Outre la cérémonie d’accueil de Benoît XVI qui se déroulera au rythme des chants et danses aborigènes, des artistes locaux participeront à l’événement, notamment à travers la réalisation des vêtements liturgiques, mais aussi du «design» des espaces des sanctuaires.

La culture aborigène en Australie est un thème de grande actualité, estime le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Le 17 juillet, après les 4 jours de repos passé dans un centre l’Opus Dei au nord-ouest de Sydney, Benoît XVI sera ainsi accueilli par des chants et des danses aborigènes.

Par ailleurs, les vêtements liturgiques destinés aux évêques et aux cardinaux porteront des couleurs et des motifs indigènes. La couleur rouge terre sera utilisée pour représenter le paysage australien. La Croix du Sud sera représentée sur le devant des chasubles, pour symboliser la «grande terre du sud de l’Esprit Saint», en rapport avec le thème de ces journées. Enfin, au dos de la chasuble, une image aborigène appelée «l’oiseau de Marjorie» (du nom de l’artiste aborigène Marjorie Liddy) et symbolisant l’Esprit Saint sera représentée.

Des symboles que les pèlerins retrouveront dans le «design» des autels et sanctuaires créés pour l’occasion qui porteront aussi la marque de la culture primitive locale. Au sanctuaire créé sur l’hippodrome de Randwick, qui sera utilisé pour la veillée du samedi et pour la messe de clôture des JMJ, «l’oiseau de Marjorie» sera réutilisé et placé juste au-dessus du centre du sanctuaire, sous une croix géante. Le sanctuaire comportera également des éléments emblématiques de l’Australie comme les célèbres courbes de l’Opéra de Sydney.

Aborigènes massacrés et confinés dans des réserves

Les quatorze stations du chemin de croix, la Madone, la crucifixion et la résurrection, oeuvres de l’artiste aborigène Richard Campbell, figureront aussi sur les produits officiels mis à disposition des pèlerins. Les choix récents de Benoît XVI en matière de liturgie ont été marqués par un certain retour à la tradition. Rien ne dit en effet que les liturgies elles-mêmes des JMJ seront marquées par la culture indigène, comme ce fut parfois le cas sous le pontificat de Jean Paul II. En effet, le maître des cérémonies pontificales du pape polonais introduisait souvent dans les cérémonies des danses et costumes locaux.

Le comité d’organisation des JMJ a donné une place de choix aux aborigènes australiens, souhaitant notamment montrer le «visage indigène de l’Eglise catholique d’Australie».

Début 2006, un comité consultatif des communautés indigènes, formé de 17 représentants de toute l’Australie, a été créé pour participer à l’organisation des JMJ et encourager les aborigènes à venir à Sydney pour l’événement.

On estime que les aborigènes d’Australie étaient environ 500’000 à 750’000 lorsque les premiers colons britanniques sont arrivés en 1788. Dès les débuts de la colonisation, ces derniers ont été massacrés et confinés dans des réserves. Dans les années 1930 encore, les gouvernements avaient mis en place des programmes visant à l’élimination de la race aborigène.

Il a fallu attendre l’arrivée au pouvoir des travaillistes…

Ce n’est qu’en 1992 que le Premier ministre australien, Paul Keating, affirma la nécessité d’une réconciliation. Pourtant, de 1995 à 2007, les conservateurs au pouvoir ont toujours refusé de formuler des excuses car elles auraient pu ouvrir la voie à une compensation financière. Ce n’est qu’en février 2008 que le gouvernement travailliste élu en décembre 2007 a présenté les excuses de la Nation pour la «génération volée».

La peinture aborigène, sur écorces, sur tissus ou sur toiles, est reconnue aujourd’hui dans le monde entier. Les dessins ont tous une signification apparentée à la mythologie du rêve et peuvent être assimilés à une forme d’écriture. A l’exception des peintures rupestres, la plupart des oeuvres aborigènes sont éphémères: peintures corporelles, dessins sur le sable, peintures végétales au sol. A partir des années 1970, ces motifs ont été adapté et repris par des artistes contemporains. (apic/imedia/ms/be)

10 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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