Soeur Christine Gleixner invite au contraire à en débattre
Autriche : Il n’est pas interdit de discuter de sujets brûlants
Vienne, 12 janvier 2000 (APIC) Sœur Christine Gleixner, supérieure d’un ordre religieux, plaide en faveur d’un dialogue sans entrave sur des sujets contestés comme le célibat des prêtres et le sacerdoce des femmes. La religieuse catholique assume depuis le 1er janvier la présidence du Conseil des Eglises d’Autriche. C’est la première fois que ce Conseil, dont font partie 14 Eglises, est dirigé par une femme.
Dans une interview au quotidien «Die Presse», Soeur Gleixner évoque le «Dialogue pour l’Autriche», organisé en octobre 1998 à Salzbourg à l’initiative des évêques, suite à la crise de confiance qui secouait l’Eglise du pays, notamment après les accusations d’abus sexuels touchant le cardinal Gröer, ancien archevêque de Vienne. Les 280 délégués de l’Assemblée du «Dialogue pour l’Autriche «s’étaient prononcés pour l’ordination à la prêtrise d’hommes mariés. Par 199 voix sur 267, ils avaient demandé aux évêques de «s’engager de façon décidée» pour défendre cette requête à Rome.
La religieuse ne comprend pas pourquoi ce dialogue a été «détourné» et, après l’assemblée de Salzbourg, aiguillé vers d’autres sujets. Des discussions sans entrave lui paraissent de première urgence, par exemple au sujet de la loi sur le célibat des prêtres dans l’Eglise latine. «Il faut étudier quelle valeur a aujourd’hui la loi du célibat et quels handicaps elle représente pour la vocation de nombreux hommes», dit-elle. Il faut ici tenir compte des modifications intervenues dans l’environnement propre à la vie des prêtres, car il existe «une solitude incroyable, et en partie une carence dans la satisfaction de besoins humains», plaide la religieuse. Il faudra prendre en compte ces réalités, dit-elle. Et il faudra se pencher sur la question de savoir si l’alliance entre la consécration à la prêtrise et le mariage «ne peut pas être un témoignage plein de sens en ce monde».
Aux yeux de Soeur Gleixner, le Droit canon fait partie des règlements qui régissent la vie et, à ce titre, modifiable. Il est en tout cas secondaire à côté de l’Evangile et de la tradition de l’Eglise. Si, dans l’Eglise catholique, «c’est l’ordre juridique qui est le critère permettant de comprendre l’Evangile et non l’inverse», il y a là «une tendance anti-évangélique», affirme-t-elle.
Qu’il puisse y avoir également un jour dans l’Eglise catholique des femmes prêtres, «ne saurait être exclu», selon Christine Gleixner. Les débats sur ce sujet ne seront pas interrompus en dépit des positions du magistère en la matière. «Je crois que c’est en un être humain, non en un être masculin que Dieu s’est incarné», argumente la religieuse.
Concernant la situation de l’oecuménisme, la nouvelle présidente du Conseil des Eglises d’Autriche observe un rapprochement progressif des Eglises, qui est «peu spectaculaire mais nécessaire». Elle regrette le «déficit pastoral grave» que constitue l’impossibilité pour les couples mixtes de recevoir la communion ensemble. «C’est une souffrance incroyablement douloureuse, dit-elle. Mais nous ne pourrons résoudre ce problème aussi simplement qu’avec une règle à calculer.» (apic/cip/jd/mp)



