Le cardinal Schönborn annonce une enquête: ne rien cacher
Autriche: L’Eglise autrichienne veut également faire la lumière sur le travail forcé
Vienne, 3 août 2000 (APIC) A la suite des Eglises d’Allemagne, l’Eglise catholique autrichienne veut elle aussi faire la lumière sur le travail forcé, dont elle aurait pu tirer profit sous le nazisme. Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, annonce une enquête pour savoir dans quelle mesure des institutions de l’archidiocèse auraient pu profiter de travailleurs réduits en esclavage par le régime national-socialiste.
De leur côté, les congrégations religieuses autrichiennes vont confier le résultat de leurs recherches à des historiens et annoncent qu’elles ne vont «rien minimiser ni rien cacher». De son côté, le cardinal Schönborn va charger deux historiens, Erika Weinzierl et Maximilian Liebmann, de mener les investigations nécessaires, dans le but de clarifier les faits historiques aussi bien que possible.
L’Eglise elle-même a été l’objet de persécutions de la part des nazis
Selon Maria Schaumeyer, préposée gouvernementale pour l’indemnisation des travailleurs forcés sous le IIIème Reich, il n’y a, de prime abord, pas de raison pour l’Eglise catholique de participer au fonds d’indemnisation. Pour M. Schaumeyer, l’Eglise elle-même a été l’objet de persécutions de la part des nazis et d’autre part elle n’est pas une entreprise à but économique.
Si les Eglises sont certainement moins appelées à contribuer matériellement, elles ont par contre à apporter leur soutien pour une prise de conscience humanitaire en Autriche, estime la responsable du fonds d’indemnisation. «Sans cette compréhension, le dédommagement des personnes qui ont vécu des destins tragiques en tant que travailleurs forcés serait très difficile», estime-t-elle.
Le prévôt Maximilian Fürnsin, de la communauté des chanoines de St-Augustin du couvent d’Herzogenburg, a pour sa part lancé un appel aux supérieurs des communautés et couvents de religieux d’Autriche afin qu’ils mettent à disposition jusqu’à fin août tous les documents jugés utiles. Président de la conférence des supérieurs majeurs, M. Fürnsin va faire examiner et analyser les dossiers par un groupe de spécialistes d’histoire contemporaine. Pour des raisons d’objectivité, tous ne seront pas choisis dans les milieux d’Eglise. Mais l’on estime d’ores et déjà que l’on ne pourra pas rendre responsables les couvents et les monastères qui ont été abolis sous le régime nazi et qui ne pouvaient par conséquent décider eux-mêmes de la gestion de leurs biens. Ce sont ceux qui en ont eu la gestion et en ont effectivement tiré profit à l’époque qui devront assumer leurs responsabilités. (apic/kap/be)



