Autriche: L’épiscopat attend l’avis du Vatican sur le scandale du séminaire San Pölten
Au Vatican, on suit l’affaire «avec grande attention»
Rome, 18 juillet 2004 (Apic) L’épiscopat autrichien attend l’avis du Vatican sur le scandale du séminaire San Pölten en Autriche. Le Vatican suit d’ailleurs l’affaire «avec grande attention», a-t-on confirmé à Rome en fin de semaine.
«Nous attendons maintenant l’avis du Vatican», a déclaré le porte- parole de l’épiscopat autrichien, Erich Leitenberger, interrogé sur le scandale du séminaire San Pölten par le SIR (Service d’Information Religieux), en date du 16 juillet 2004. Au Vatican, on suit l’affaire «avec grande attention», a-t-on rapporté le même jour à I’Apic. Tandis que des photos pédophiles ont été découvertes par la police autrichienne sur les ordinateurs de prêtres membres d’un séminaire situé à 80 km de Vienne, la justice et l’Eglise catholique autrichiennes enquêtent.
«Un séminariste polonais a visité des sites pornographiques au séminaire, et invité d’autres séminaristes», a expliqué Erich Leitenberger, qui considère ce cas «très grave». «L’autre problème est l’existence d’un réseau homosexuel à l’intérieur du séminaire», a-t-il encore développé, précisant que les responsables du séminaire «faisaient eux-aussi partie du réseau».
Des photos publiées le 12 juillet 2004 par l’hebdomadaire autrichien Profil montrent les responsables de ce séminaire de prêtres catholiques caressant et embrassant sur la bouche leurs étudiants.
«Même si cela ne constitue pas un délit judiciaire, c’est un scandale très grave du point de vue ecclésial», a poursuivi le porte-parole de l’épiscopat autrichien. La magistrature autrichienne a entrepris une enquête sur cette affaire pour vérifier si des infractions ont été commises à l’encontre de la loi sur la pornographie infantile. Aucune enquête n’est en cours pour abus d’autorité, ni pour rapports homosexuels, dans la mesure où ils ne représentent pas un délit pour la loi autrichienne.
L’Eglise catholique autrichienne, de son côté, a ouvert une enquête en interne dès le 12 juillet.
Les erreurs de San Pölten
«Il est évident que l’opinion publique autrichienne suit beaucoup cette affaire», a encore déclaré Erich Leitenberger précisant que «ce qui est arrivé ne concerne que San Pölten, qui a choisi il y a deux ans de suivre sa propre voie pour la formation des séminaristes» et a ainsi commis «des erreurs» quant au choix des personnes admises au séminaire et des responsables de leur formation.
«Je pense que les organes responsables du Vatican sauront prendre les décisions justes», a-t-il encore déclaré, en attendant désormais leur avis. Si le directeur et le directeur-adjoint du séminaire ont, suite à l’éclatement du scandale, renoncé à leurs responsabilités, l’évêque de San Pölten, Mgr Kurt Krenn, a pour sa part exclu de démissionner, contrairement au souhait notamment du théologien Paul Zulehner. Ce dernier s’est du reste exprimé en termes très vifs contre Mgr Krenn, responsable à ses yeux de cette situation, et qui a tenté de minimiser les faits en les ramenant «à des jeux d’enfants».
Au Vatican, «une grande attention est donnée à l’affaire, notamment par la Congrégation pour l’éducation catholique», a affirmé un officiel à l’Apic. Il s’agit, d’abord, de poursuivre l’enquête, a-t-on aussi précisé.
«Que l’ordre soit rapidement rétabli»
«L’ordre doit être rétabli», a pour sa part souhaité Mgr Egon Kapellari, vice-président de la Conférence épiscopale autrichienne, dans un entretien publié par le quotidien «Die Presse». Il a aussi précisé que l’éducation des jeunes étudiants du séminaire de San Pölten devait «recouvrer les standards habituels». «Tout ce qui touche de près ou de loin les pratiques homosexuelles ou la pornographie n’a pas sa place dans un séminaire de prêtres», a-t-il encore lancé.
Si l’évêque de Graz ne désire pas «cacher le problème», pour lui «des changements sont nécessaires». «Sinon, l’Eglise autrichienne, mais aussi celle du monde entier en subiront les conséquences». «Qui n’est pas fait pour devenir prêtre doit être aidé à choisir d’autres voies et qui en a déjà la responsabilité doit être investi de tâches différentes», a-t-il finalement expliqué. (apic/imedia/ar/pr)



