Autriche: La lettre «confidentielle» de Mgr Stecher saluée de toutes parts
Un évêque qui fait preuve de courage civique
Vienne, 16 décembre 1997 (APIC) Les théologiens Johann Baptist Metz et Paul Michael Zulehner ont salué mardi la lettre «confidentielle» de l’évêque émérite d’Innsbruck, Mgr Reinhold Stecher. Dans sa missive, adressée à des personnes de confiance et non destinée au public, Mgr Stecher critique la récente Instruction romaine sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres et certains aspects dans la manière qu’a le pape Jean Paul II de diriger l’Eglise.
«Dieu soit loué, enfin un évêque qui fait preuve de courage civique», a déclaré mardi J. B. Metz dans le quotidien de Graz «Kleine Zeitung». Il souhaite entendre «plus souvent des paroles si courageuses» de la part des évêques. Et de se demander pourquoi les pasteurs deviennent rebelles seulement lorsqu’ils prennent de l’âge ou qu’ils partent à la retraite.
Pour une «régionalisation» de la direction de l’Eglise
Le théologien pastoral de Vienne Paul Zulehner plaide dans ce même journal pour une «régionalisation» de l’Eglise universelle avec une direction restructurée, dans laquelle les représentants des diverses régions forment ensemble avec le pape un «Conseil papal».
Malgré le fait que l’évêque de St-Pölten, Mgr Krenn, se soit désolidarisé de son confrère retraité d’Innsbruck, la base du diocèse soutient la démarche de Mgr Stecher. Ainsi, l’initiative «Forum XXIII», qui regroupe des prêtres, des religieux et des laïcs de St-Pölten, estime que Mgr Stecher trouvera également des appuis parmi les évêques autrichiens, «lui qui n’est depuis longtemps plus esseulé au sein de l’immense majorité du peuple de Dieu».
«La loyauté face au Saint-Siège ne peut pas et ne doit pas consister à accepter sans critiquer les développements négatifs qui se révèlent dommageables pour la foi et l’Eglise», affirme le «Forum XXIII». L’initiative de St-Pölten souligne que Jésus n’a pas promis à Pierre seul, mais à toute l’Eglise qu’elle serait assistée par l’Esprit Saint. Elle considère comme «une erreur lourde de conséquence» le fait d’essayer, du côté romain, de poser à nouveau des barrières restreignant la responsabilité des laïcs trois décennies et demi après l’ouverture du Concile Vatican II. (apic/kap/be)



