Destitution réclamée par les doyens de trois Facultés de théologie

Autriche: Mgr Krenn continue de semer la discorde au sein de l’Eglise autrichienne

Vienne, 6 décembre 1998 (APIC) L’évêque ultra-conservateur de Sankt-Pölten, en Autriche, continue de semer la discorde au sein de l’Eglise autrichienne. Mgr Kurt Krenn nie pourtant être une personnalité qui «polarise» les positions dans l’Eglise. Les doyens des Facultés de théologie catholique de Vienne, Graz et Salzbourg réclament de leur côté sa destitution par Rome. Mgr Helmut Schüller, vicaire général de Vienne, a relevé pour sa part qu’en cas de situation «sans issue» concernant des évêques, «les décisions doivent venir de Rome».

Dans une interview accordée au journal catholique italien de Bologne «Il Regno», Mgr Krenn met une nouvelle fois en cause l’Assemblée des délégués du «Dialogue pour l’Autriche» qui s’est tenue à Salzbourg en octobre dernier. Il qualifie d’»erreur fondamentale» qu’on ait laissé voter des résolutions à une assemblée composée de façon plutôt aléatoire. Les quelque 300 délégués du «Dialogue pour l’Autriche» avaient notamment réclamé la permission d’ordonner prêtres des hommes mariés ayant fait leurs preuves (»viri probati») et l’accès des femmes au diaconat. L’assemblée avait également demandé que Rome tienne davantage compte de l’Eglise locale lors de la nomination des évêques.

L’évêque de Sankt-Pölten, qui n’hésite pas à croiser le fer avec ses confrères dans l’épiscopat par médias interposés, s’en est également pris une nouvelle fois au récent rapport quinquennal de la Conférence épiscopale autrichienne. Dans son interview à «Il Regno», il reconnaît avoir des divergences d’opinion avec le cardinal Christoph Schönborn, président de la Conférence des évêques d’Autriche, «mais nous ne sommes pas l’un contre l’autre». Et d’affirmer que ce sont justement les médias qui ont tiré profit de leur querelle à l’intérieur de la Conférence épiscopale.

Mgr Krenn répète qu’il rejette le rapport quinquennal des évêques, aussi bien en raison du contenu qu’à cause du manque de respect d’une procédure régulière. Il précise l’avoir dit aussi aux préfets des congrégations de la curie romaine lors de la visite «ad limina» à Rome à la fin du mois dernier. Il se demande pourquoi l’on a concocté un rapport «qui ne reflète pas la vérité». Mgr Krenn met en cause par exemple le passage concernant le cardinal Groër, alors que les évêques autrichiens auraient reçu l’ordre de ne plus en parler. Raison pour laquelle le rapport n’aurait pas dû contenir certains jugements qui sont «complètement injustes». L’»affaire Groër» – le vieux cardinal a été notamment accusé d’abus sexuels sur des jeunes gens, accusations face auxquelles il est toujours resté muet – a causé un tort incommensurable à l’image de l’Eglise autrichienne et largement entamé sa crédibilité dans le public.

Concernant l’assemblée des délégués du «Dialogue pour l’Autriche», Mgr Krenn admet que les délégués ont été choisis par les évêques, mais ces personnes n’ont aucune connaissance théologique sur des questions telles que le mariage, la sexualité ou le sacrement de l’ordre. C’est ainsi qu’ont été adoptées des «positions non catholiques». Mgr Krenn déclare par conséquent avoir exprimé de façon claire son refus des votes. Et de critiquer le fait que ses collègues de l’épiscopat soient restés «inactifs» dans l’assemblée. «Au moins la moitié» n’ont même pas pris la parole, dénonce l’évêque de Sankt-Pölten, alors que les plus graves erreurs ont touché le domaine de la sexualité, du mariage et du sacrement de l’ordre. Ainsi, l’accès à la communion des divorcés remariés n’est pas pour lui un problème de discipline, mais bien une question de foi. «A Rome, l’on sait tout cela», a-t-il encore déclaré à «Il Regno». (apic/kap/be)

6 décembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!