Beaucoup de catholiques d’Autriche veulent des changements
Autriche: Mgr Weber estime que le dialogue pour l’Autriche portera des fruits
Rome, 10 décembre 1998 (APIC) «Le Dialogue pour l’Autriche a largement dépassé mes espérances», a déclaré à l’agence italienne ADISTA Mgr Johann Weber, évêque de Graz et vice-président de la Conférence épiscopale autrichienne.
Tandis que Mgr Krenn, l’évêque conservateur de Sankt-Pölten, a mis une nouvelle fois en cause ces jours-ci l’Assemblée des délégués du «Dialogue pour l’Autriche» – ce qui a amené trois doyens de facultés de théologie du pays à réclamer son départ -, Mgr Weber assume entièrement ces assises, tenues à Salzbourg en octobre dernier à l’initiative de l’épiscopat autrichien (et avec les encouragements du pape). On y a approuvé des propositions en contradiction avec des positions affirmées récemment de façon «définitive» par Rome? L’Eglise «marche sur deux jambes», répond Mgr Weber: l’Evangile et le magistère de l’Eglise, d’une part, et «la vie des gens», d’autre part, pour laquelle «nous devons toujours chercher des solutions nouvelles».
L’évêque de Graz ne voit d’ailleurs pas dans les propositions du Dialogue pour l’Autriche «des hérésies». Et quand on lui demande quelles sont les propositions qu’il approuve ou quelle est la plus importante, il souligne que «toutes sont tissées entre elles comme un réseau». Peut-être aurait-il fallu prêter plus d’attention à la thématique de départ, nuance-t-il
«Le dialogue a largement dépassé mes espérances, insiste Mgr Weber. Partout où il y a une Eglise vivante, il y a des personnes très différentes, qui souvent s’opposent rudement, mais nous savons qu’à Salzbourg elles se sont regardées dans les yeux, qu’elles se sont parlées autrement que par écrit ou à travers la radio, qu’elles se sont rencontrées personnellement. Il y a eu un profond respect réciproque malgré les opinions divergentes. Cela a été un événement irrésistible que je n’avais osé espérer. Et cet événement, on ne pourra pas l’enlever».«
Que beaucoup de catholiques d’Autriche veulent des changements dans l’Eglise, la «Pétition du peuple de Dieu», née dans ce pays avant d’être répandue ailleurs, l’a montré à suffisance. Mais certaines critiques, visant notamment le centralisme romain, ne sont-elles pas partagées par des évêques? Mgr Weber ne tourne pas autour du pot: «Oui, et j’ajoute: grâce à Dieu». Mais il se veut rassurant: «Dans les Actes des Apôtres, il est écrit que lorsqu’il se produit du nouveau, ce qui vient de Dieu s’affirmera, et ce qui ne vient pas de Dieu finira bientôt. Une Eglise qui resterait simplement en silence et immobile ne serait pas une Eglise de l’Evangile ou du Concile. Je crois que cette vitalité est une chose excellente, mais il n’y a absolument pas de trace de fracture ou de division, même si cette image est donnée par quelqu’un». (apic/cip/pr)



