Autriche: «Nous sommes Eglise» reste d’attaque

«Nous n’avons pas perdu notre temps»

Vienne, 12 janvier 2000 (APIC) Même si «de plus en plus de catholiques perdent patience face au peu d’aptitude aux changements de la part de la tête de l’Eglise catholique», 1999 n’a pas été une année perdue pour les partisans de réformes dans l’Eglise. En Autriche, la Plate-forme «Nous sommes Eglise» «ne s’est pas lassée de former l’opinion et elle a eu dans ce domaine autant de succès que dans la coordination de toutes ses activités rénovatrices sous forme de réseau», notent ses responsables.

Dans un communiqué où ils dressent un bilan de l’année écoulée, les responsables de «Nous sommes Eglise» admettent qu’il n’est guère réaliste d’attendre sous ce pontificat des réformes partielles sur les «sujets brûlants» qui requièrent une décision au niveau de l’Eglise universelle. Le bilan n’est pas pour autant négatif: «Le fait que le Synode des évêques d’Europe, en octobre à Rome, a lui aussi abordé ces sujets en dépit de toutes les tentatives de freinage venus de la curie et que le pape Jean Paul II a évoqué il y a quelques semaines pour la première fois publiquement, les mouvements de réforme montre nettement une chose: nous sommes définitivement parvenus à nous faire entendre et à nous faire voir!»

Du «Forum de chrétiennes et de chrétiens catholiques» qui s’est déroulé à Santa-Severa (Rome) à la Conférence annuelle de «Call to Action» aux Etats-Unis, les causes soutenues par les partisans des nombreuses «pétitions du Peuple de l’Eglise» sont partagées dans de nombreuses parties du monde et leur importance est reconnue. Dans l’année qui vient, «Nous sommes Eglise» veillera à ce que ces causes restent défendues au moyen de déclarations appropriées à l’ordre du jour et ne permettra pas qu’elles soient reléguées au second plan et évacuées peu à peu des discussions dans l’Eglise.

Pour un dialogue loyal

Pour les responsables de la plate-forme, il s’agit pour l’Eglise catholique de questions qui mettent en cause son existence et ne relèvent pas seulement de quelques problèmes concrets de réforme, comme le démontrent les récents résultats de l’étude européenne menées régulièrement par les Facultés de Théologie catholique sur l’évolution des valeurs. «Et si la foi en Dieu croît tandis que la confiance en l’Eglise institutionnelle diminue, analysent-ils, c’est là un signe alarmant face auquel l’Eglise devra réagir autrement que par des appels à «l’approfondissement de la foi». Personne n’a jusqu’ici empêché les instances dirigeantes de l’Eglise de s’y employer. Mais pour que les appels et les exhortations de l’Eglise soient entendus, il faut que ceux qui les lancent soient crédibles. Nous tous sommes Eglise, et c’est donc tous ensemble que nous devons manifester d’une manière crédible que nous la constituons. Et la condition en est, là aussi, l’accord entre ce que nous prêchons et ce que nous faisons, entre nos paroles et nos actions».

La plate-forme se dit reste prête à mener avec les évêques et tous les hommes de bonne volonté dans l’Eglise un dialogue loyal sur les formes concrètes que prendra cette attitude fondamentale. (apic/jd/cip/pr)

13 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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