Des interrogations subsistent
Avant dernière journée du Synode pour l’Asie
Rome, 13 mai 1998 (APIC) A la veille de la clôture du Synode pour l’Asie, la conférence de presse qui a suivi la publication du Message a fait apparaître un certain nombre d’interrogations sur la Chine, le Pakistan ou encore l’Irak, notamment. Pour ce qui est des relations des Eglises locales avec Rome, les revendications des évêques reviennent à la question de l’autonomie pour la liturgie, et demandent une «décentralisation». Sur le terrain, l’Eglise doit faire face aux lois islamiques dans plusieurs pays.
La dernière conférence de presse du Synode pour l’Asie a été présidée jeudi 13 mai par Mgr Joseph Vianney Fernando, évêque de Kandy (Sri Lanka), président de la Commission pour l’information, en présence de plusieurs de ses confrères.
«Tout ce que nous pouvions faire était d’exprimer notre espérance que les catholiques de Chine puissent un jour jouir d’une complète liberté de culte, y compris de la liberté d’être en communion avec le successeur de Pierre», ont-ils déclaré à propos de la Chine: Pour ce qui est de la mort de Mgr John Joseph, évêque de Faisalabad, au Pakistan, le Père Ciro Benedettini a estimé que le télégramme du pape suffisait, et que le Vatican n’avait pas d’autre déclaration à faire.
Mgr Fernando, du Sri Lanka, a expliqué que les trois évêques du Pakistan présents au synode ont choisi de rentrer dans leur pays pour se rendre compte sur place de la situation, ce qui explique, a-t-il dit, l’absence de réaction officielle de leur part.
Mgr Fernando a cependant parlé de la «tragédie de la mort de l’évêque» et a reconnu que les lois sur le blasphème rendent les chrétiens de plus en plus vulnérables dans une situation où ils sont une infime minorité». «il faut, a-t-il souligné, que la presse internationale mette en évidence la situation dans laquelle les chrétiens sont placés, étant donné qu’un témoin suffit pour qu’un chrétien soit convaincu de violation de cette loi sur le blasphème devant un tribunal».
S’agissant des relations avec l’Islam en général, Mgr Bustros, archevêque de Balbeek, a souligné qu’au Liban, les populations chrétienne et musulmane s’équilibrant numériquement, un vrai dialogue interreligieux est possible. Il espère que le «modèle» libanais, qui assure la «liberté religieuse» pourra être utile dans les relations des chrétiens avec l’Islam dans la grande Asie.
Rien n’a changé
A propos de l’Irak, l’archevêque a rappelé que la situation du Moyen-Orient a été dénoncée lors du Synode pour le Liban et que cela «n’a rien changé sur le terrain». C’est le devoir de l’Eglise que de continuer à parler «avec entêtement». Elle assure ainsi son rôle «prophétique, a-t-il dit, mais il ne faut pas s’attendre à ce que nous proposions des solutions magiques. Face à des situations «d’injustice, nous continuerons à parler. Notre rôle est de mettre le doigt sur la plaie, a-t-il insisté.
Les relations des Eglises locales avec Rome ont été également abordées. Pour la traduction des textes liturgiques, demandent les évêques de l’Inde, «nous devons avoir plus d’autonomie, puisque les experts des différentes langues sont chez nous et non pas à Rome». Ils rappellent que cette demande a été formulée par les 11 groupes de travail en différentes langues, de même que l’effort d’inculturation. Mais ils affirment que ce n’est pas dans le domaine des «lois de l’Eglise» qu’ils demandent des changements.
Le mot de «décentralisation» est préféré par le pape, a encore déclaré Mgr Bustros, qui cite le cardinal Schotte, à celui de «subsidiarité» qui convient bien aux réalités sociales (depuis Pie XI) mais pas à la constitution de l’Eglise.
Les réalités concrètes plutôt que les principes
Le synode, a expliqué Mgr Bustros, correspond bien à l’une des modalités d’exercice de cette décentralisation. Il souligne que l’Orient a une expérience de la «synodalité» depuis le 1er siècle: Synode locaux, régionaux, patriarcaux, oecuméniques. Pour lui, cette tradition de décentralisation a été reprise par le Concile Vatican II. La «synodalité» est maintenant à la portée des évêques. La question est alors de «garder l’unité». Les Eglises peuvent être «éparpillées» si elles n’ont pas un «centre». C’est le sens, a-t-il conclu, du «ministère pétrinien». (apic/imed/pr)



