Londres: Une université britannique s’intéresse de près aux expériences religieuses
Avec des résultats qui surprennent parfois…
Londres, 27 décembre 2009 (Apic) Tout comme les chercheurs en parapsychologie demandent parfois à des volontaires de raconter leurs rêves, une équipe du campus de Lampeter de l’Université du Pays de Galles recueille les expériences religieuses, qui peuvent être utilisées comme ressource pour les étudiants en théologie. Le projet des chercheurs révèle un degré de religiosité en Chine bien plus important dans ce pays qu’on ne le pensait.
«Les expériences religieuses se produisent encore et peuvent encore changer des vies», a déclaré le professeur Paul Badham, cité par l’Agence ENI, directeur du Centre de recherche sur les expériences religieuses de l’Université. «En fait, d’une certaine manière, avec le déclin de la religion institutionnelle, les gens semblent plus susceptibles d’avoir ce genre d’expériences.»
Depuis 1969, plus de 6’000 comptes rendus ont été ajoutés à la base de données du Centre, apportés par des personnes ayant constaté «une présence ou un pouvoir différent de ce qu’elles rencontrent dans la vie de tous les jours, qu’elles attribuent ce phénomène à Dieu ou non.» Le centre a célébré son 40e anniversaire en novembre.
«Il n’y a pas de facteurs communs et on recense des gens de tous âges et toutes origines sociales. Il est vrai cependant que les personne ayant vécu dans un milieu religieux sont plus nombreuses à faire état de ce genre d’expériences», a expliqué à ENI Paul Badham. «Il convient de souligner que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec la religion institutionnelle, estimant que le clergé ne semble pas toujours comprendre ce qu’elles ont vécu.»
Le principal travail du centre, qui a été fondé par le zoologiste Sir Alister Hardy, est de proposer des mastères en expériences religieuses et de superviser les étudiants de doctorat. Les travaux des doctorants portent actuellement entre autres sur les parents endeuillés et sur l’impact de l’aspect religieux à l’école sur les élèves.
Selon Paul Badham, les conclusions des recherches vont à l’encontre de la théorie de la sécularisation, de la croyance selon laquelle plus la société progresse, plus la religion décline.
Il a mentionné le projet China, mené ces quatre dernières années par le Centre en partenariat avec des universités chinoises. Le projet révèle un degré de religiosité bien plus important dans ce pays qu’on ne le pensait. Cette étude a été menée au moyen d’entretiens de 45 minutes avec 3200 personnes choisies au hasard sur des listes de logement en Chine continentale.
Plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré avoir ressenti l’influence d’une «sorte de pouvoir que les individus ne peuvent pas contrôler ou expliquer clairement», et près d’un tiers s’est senti réconforté ou renforcé à travers la prière et le culte. Moins de 1 % s’est senti sous pression à cause de ses croyances, l’endoctrinement athée sur le lieu de travail étant devenu plus rare.
Les conclusions de l’étude selon lesquelles la religion progresse sont appuyées par des travaux similaires menés par le Parti communiste chinois, qui montre un taux de croyance encore plus élevé dans le pays le plus peuplé du monde.
«Nous avons choisi délibérément la Chine en raison de son histoire religieuse, qui est profondément différente», a déclaré Paul Badham. «Il ne s’agit pas simplement des 60 années d’athéisme officiel et de la tentative d’éliminer la religion pendant la révolution culturelle, mais aussi d’une suspicion philosophique vis-à-vis de ce qu’affirment les religions qui remonte à plus de deux mille ans.»
S’inspirant de l’étude chinoise, le centre de Lampeter mène actuellement des projets similaires en Inde, à Taiwan et en Turquie. (apic/eni/pr)



