Rome: L’unité de l’Eglise est menacée par l’égoïsme de chacun

Avertissement de Benoît XVI lors de la messe de la Cène

Rome, 2 avril 2010 (Apic) L’Eglise risque de perdre son unité visible si chaque chrétien vit plutôt pour lui-même et se rend ainsi coupable de «division», a prévenu Benoît XVI jeudi 1er avril 2010 en fin d’après-midi lors de la messe de la Cène du Seigneur. Dans la cathédrale de Rome, la basilique Saint-Jean-de-Latran, le pape a lavé les pieds d’une douzaine de prêtres de son diocèse, comme le veut la tradition.

La quête effectuée au cours de cette messe était au profit de la reconstruction du séminaire de Port-au-Prince, en Haïti, détruit lors du tremblement de terre qui a frappé l’île début janvier.

Dans son homélie, Benoît XVI est largement revenu sur la prière prononcée par Jésus au terme de son dernier repas, présentée comme «un acte fondateur de l’Eglise». En effet, à ses yeux, la demande la plus connue de cette prière est celle «de l’unité pour les disciples, pour ceux d’alors et ceux de l’avenir».

En regardant vers l’étendue de l’histoire à venir, « Jésus en voit les dangers et demande au Père l’Eglise et son unité», a poursuivi le pape. Dans l’Evangile de Jean, l’Eglise apparaît dans ses caractéristiques essentielles, a expliqué Benoît XVI, à savoir «la communauté des disciples qui (…) croient en Jésus-Christ et ainsi deviennent un».

L’unité de l’Eglise doit pouvoir se voir, aller au-delà de ce qu’il est habituellement possible entre les hommes, devenir «un signe pour le monde», a encore ajouté le pape devant de très nombreux prêtres du diocèse de Rome.

Le pape invite les fidèles à un «examen de conscience»

Benoît XVI a alors invité les fidèles à un «examen de conscience». Chacun, a-t-il souhaité, doit se demander s’il vit plutôt pour lui-même, s’éloignant ainsi de la foi et devenant ainsi «coupable de la division qui obscurcit la mission (du Christ) dans le monde, qui barre aux hommes l’accès à l’amour de Dieu».

Dans sa cathédrale, enfin, au terme de l’homélie, l’évêque de Rome a lancé cet appel: «Nous devons percevoir la douleur de Jésus par le fait que nous sommes en opposition avec sa prière; que nous résistons à son amour; que nous nous opposons à l’unité qui doit être pour le monde le témoignage de sa mission».

Au cours de cette messe «In Cena Domini», le souverain pontife a répété le geste du Christ lavant les pieds de ses disciples avant la fête de la Pâque juive. Benoît XVI a ainsi lavé les pieds de 12 prêtres du diocèse de Rome. La quête traditionnellement organisée lors de cette messe était destinée à la reconstruction du séminaire de Port-au-Prince.

Quête pour la reconstruction du séminaire de Port-au-Prince

Lors du séisme meurtrier du 12 janvier 2010 à Haïti, 14 séminaristes diocésains sont morts dans l’écroulement du bâtiment du séminaire de Port-au-Prince. Le président de la Conférence épiscopale haïtienne, Mgr Louis Kébreau, archevêque de Cap-Haïtien, a récemment précisé que le séminaire rouvrirait ses portes après Pâques, du moins partiellement, sous d’immenses tentes.

A la fin de la première cérémonie du Triduum pascal, les 3 jours qui précèdent la fête de Pâques, le pape a déposé les hosties consacrées dans la chapelle du Saint-Sacrement. A Rome, comme dans tous les diocèses du monde, aucune hostie ne sera alors consacrée jusqu’à la veillée pascale, lorsque l’Eglise fêtera la Résurrection du Christ. (apic/imedia/cp/be)

2 avril 2010 | 09:33
par webmaster@kath.ch
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