B : Déclaration des évêques de Rondonia sur la campagne électorale

Méfiez-vous des candidats qui se disent «envoyés par Dieu»

Porto Velho, 18 août 1998 (APIC) Les évêques de l’Etat de Rondonia au Brésil viennent de rendre publique, à Porto Velho, capitale de l’Etat, une déclaration dénonçant les candidats aux prochaines élections qui utilisent des passages de la Bible pour justifier leurs candidatures.

Trois évêques et un administrateur apostolique de Rondonia, situé à l’ouest de l’Amazonie, affirment d’abord qu’ils ne patronnent aucun candidat officiel ni aucun parti dans la campagne électorale en cours. Mais ils ajoutent aussitôt. «Nous demandons cependant aux catholiques d’avoir une grand sens critique pour choisir leurs candidats. Ils ne doivent pas se laisser acheter avec des cadeaux en argent ou en nature ni par de fausses promesses, ce qui est considéré d’ailleurs comme un délit par la loi électorale».

France: «Sens» et la déclaration du Vatican sur la Shoah

A quand l’analyse rigoureuse ? Lectures critiques du document

Paris, 18 août 1998 (APIC) Le document publié en mars dernier par le Vatican sous le titre «Nous nous souvenons: réflexion sur la Shoah» ne fait pas l’unanimité. Dans son numéro 8/9 d’août-septembre 1998, la revue «Sens», publiée par l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, y consacre un dossier. Un dossier critique.

La revue propose après le texte intégral du document romain, une demi-douzaine de lectures critiques, chrétiennes et juives, parfois reprises à d’autres publications, mais instructives dans leur rapprochement.

Toutes saluent à des titres divers l’opportunité du document, ainsi que la valeur et l’importance de nombreuses considérations. Mais toutes relèvent aussi, sous des angles encore plus divers, des faiblesses et des erreurs d’appréciation parfois blessantes.

De son côté, le Père Michel Remaud salue la portée du texte: dorénavant, la porte de la réflexion ne pourra se refermer. Mais il est déçu par un texte qui met l’antijudaïsme sur le dos des «masses» chrétiennes, «tandis que les prises de position courageuses sont portées principalement au crédit de la hiérarchie».

Jean-Léon Cohen n’hésite pas, lui, à relever des «points positifs forts» dans le document, mais ne peut s’empêcher de s’étonner: «Pourquoi aujourd’hui, en son plus haut magistère, l’Eglise de Rome ne reconnaît-elle pas qu’elle a failli, au lieu de transférer sur ses fidèles sa propre responsabilité?»

Le grand rabbin René-Samuel Sirat préfère saluer le document du Vatican et en prolonger l’invitation devant les drames actuels de la Bosnie, du Rwanda, de l’Algérie ou de la paix qui tarde ailleurs. Pour que nul drame ne soit oublié par la mémoire sélective, il faut sans cesse, dit-il, revenir à l’exhortation: «Zakhor, souviens-toi!».

Enfin, Paul Giniewski, qui avait beaucoup apprécié la «Déclaration de Drancy» signée par l’épiscopat français en septembre 1997 devant le mémorial aux déportés juifs de France vers les camps de la mort, espère qu’on n’accordera pas au texte du Vatican «une valeur supérieure» aux texte épiscopaux qui ont eu en tout cas le courage de reconnaître la responsabilité des chrétiens dans ce que Jules Isaac appelait «l’enseignement du mépris».

Certes, il ne s’agit pas de faire reporter sur le christianisme la cause de la «Shoah», note en introduction du dossier le Père Jean Dujardin, secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme. Mais au-delà d’une lecture éclairée du texte reste posée la question de sa «réception». Autrement dit, souligne le Père Dujardin, «il s’agit de faire évoluer les consciences». (apic/cip/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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