B «Dominus Iesus» et la semaine pour l’unité des chrétiens

Mgr Léonard s’adresse aux protestants belges

Namur, 11 janvier 2001 (APIC) L’évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard, revient sur «Dominus Iesus» à quelques jours de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui aura lieu du 18 au 25 janvier. Et sur les vives réactions de l’Eglise protestante belges.

Dans son premier billet mensuel du nouveau millénaire, Mgr Léonard cherche à répondre aux «vives réactions» que la Déclaration de la Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi a suscitées parmi les confessions chrétiennes, notamment, dit-il, «chez nos frères protestants». Visant à réaffirmer, dans le contexte actuel du pluralisme et du dialogue interreligieux et «l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise», «Dominus Iesus» a particulièrement choqué les protestants belges. Au nom de l’Eglise Protestante Unie, le pasteur Daniel Vanescote, président de son Conseil synodal, a d’ailleurs interpellé les évêques de Belgique et fait savoir que les protestants se sentaient «tout à fait dépréciés par le Magistère de l’Eglise catholique». Ils ont déploré que «Rome n’ait pas abandonné la mentalité de l’Eglise impériale». Le document romain a même provoqué cette réaction: «Si les fidèles catholiques appliquaient des déclarations aussi péremptoires, c’en serait fini de l’œcuménisme.

Comme si Jésus n’était pas venu en ce monde

En premier lieu, «Dominus Iesus» réaffirme que «la plénitude de la Révélation et du salut est offerte définitivement à l’humanité en Jésus, et en Jésus seul». Une prétention, observe Mgr Léonard, particulièrement choquante pour notre culture présente, qui place au sommet des valeurs une tolérance aimable, tenant que chacun ici-bas a sa vérité et que, fondamentalement, toutes les vérités se valent. Mais si on enlève de l’Evangile l’affirmation, qu’il est le salut de tous les hommes, ce n’est plus l’Evangile! Nous faisons alors comme si Jésus n’était pas venu en ce monde…

C’est pourquoi Rome a tenu à réagir avec vigueur aux publications qui, en Occident, et surtout en Inde, suggèrent de renoncer au caractère unique de Jésus dans l’histoire humaine, pour en faire une simple facette, parmi d’autres, de la révélation de l’Absolu. Ici encore, la prétention de l’Eglise catholique à se reconnaître comme celle où «subsiste l’unique Eglise du Christ a heurté. Mgr Léonard en convient tout en pensant qu’il s’agissait de répondre à la question: «Jésus est-il parvenu à lancer dans l’histoire une Eglise correspondant substantiellement à ce qu’il a voulu?» D’où la distinction faire entre «Eglises» et «Communauté ecclésiales», rappelle l’évêque, le «trésor essentiel de la succession apostolique et de l’Eucharistie dans son lien au sacerdoce».

Oecuménisme : du chemin reste à faire

Mgr Léonard reconnaît que le document «ne fait pas grand-chose» pour éviter que ses thèses apparaissent comme la prétention arrogante à un mérite supérieur. «Nos frères protestants auraient été sensibles au fait que l’Eglise catholique dît qu’elle a beaucoup à recevoir du témoignage des autres Eglises et Communautés ecclésiales et, notamment, de leur manière de vivre certains trésors communs à tous les chrétiens». Jean-Paul II a parlé en ce sens dans l’Encyclique «Ut unum sint», en 1995. Sans ce rappel, le dialogue devient difficile car il implique l’égale dignité des parties en présence. Et cela doit se sentir plus clairement. Je comprends que des chrétiens aient eu l’impression de voir trente ans de patiente pratique œcuménique mises entre parenthèse, conclut l’évêque. (apic/cip/mjp)

11 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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