B et le Jura ensemble pour dire «non» au projet de régionalisation du diocèse de Bâle
Prendre en compte la particularité du Jura pastoral
Delémont, 12 juillet 2001 (APIC) La politique les a séparés mais un projet, contesté, pour une nouvelle régionalisation du diocèse de Bâle pourrait bien les réunir. Les? Le Jura et Berne qui, ironie, sont aujourd’hui d’accord pour dire d’une voix unie qu’ils n’en veulent pas.
Le projet de nouvelle régionalisation du diocèse de Bâle, qui vise à un nouveau découpage du plus vaste diocèse de Suisse, est loin de faire l’unanimité. D’autant que le projet vise à rattacher, pastoralement s’entend, Berne et le Jura. En d’autres termes, à intégrer dans une même région deux cantons qui se sont menés – et qui continuent à le faire en ce qui concerne la partie Sud du Jura – une impitoyable lutte politique. Berne pour conserver le Jura. Le Jura pour se séparer de Berne. Les temps changent pourtant: les deux parties sont d’accord pour dire non à ce projet. Ni le Synode de l’Eglise cantonale bernoise, ni la Collectivité ecclésiastique cantonale jurassienne, et pas davantage les instances consultées du Jura pastoral, les quatre doyennés et le Conseil pastoral.
L’évêché de Bâle au début de l’année a mis en consultation auprès de toutes ses principales instances pastorales et administratives son projet de réorganisation du diocèse, basé sur la régionalisation et la professionnalisation des structures. Un découpage en quatre régions devrait permettre au plus vaste diocèse de Suisse d’améliorer les liens entre les régions, les paroisses et la direction du diocèse. Le délai de la consultation arrive à échéance à la fin de ce mois de juillet 2001.
Le diocèse de Bâle se compose actuellement de dix régions qui correspondent aux frontières cantonales. A l’exception du Jura pastoral qui comprend également la partie francophone du canton de Berne. Le projet de régionalisation envisage de regrouper entre elles les dix régions actuelles pour n’en former plus que quatre: les deux Bâle et Soleure, Lucerne et Zoug, Argovie, Schaffhouse et Thurgovie, Berne et Jura. Le bien-fondé du projet d’uniformisation des structures au niveau diocésain est reconnu. A quelques nuances cependant.
Résistance
La création d’une région regroupant les cantons de Berne et du Jura ne rencontre en effet pas d’avis favorable. Le Synode de l’Eglise cantonale bernoise, la Collectivité ecclésiastique cantonale jurassienne, les instances consultées du Jura pastoral, les quatre doyennés et le Conseil pastoral n’en veulent pas. Ils l’ont du reste fait savoir. La résistance s’organise, laisse-t-on entendre tant à Berne qu’à Delémont. Ils entendent bien ne pas s’en laisser compter. D’autant moins que l’une et l’autre partie s’entendent et s’apprécient. Et elles le disent.
Des critères géographiques et démographiques ne peuvent en aucun cas prévaloir sur les grandes différences culturelle, linguistique et pastorale des deux régions, estiment-ils unanimement. «Les différents organismes responsables de l’Eglise du Jura pastoral, seule région francophone du diocèse de Bâle, ont élaboré, depuis de nombreuses années, une structure efficace, dynamique et vivante. Un accord avec le synode bernois nous permet de régler, à la satisfaction générale, le statut de la partie francophone du canton de Berne», écrit la Collectivité ecclésiastique cantonale jurassienne dans sa réponse à la consultation. De même, le Synode de l’Eglise cantonale bernoise relève la longue et bonne collaboration entre les deux instances.
Unanimité Berne et Jura
Dans la nouvelle organisation des réégions, la direction diocésaine serait réduite à une seule commission, en lieu et place des deux actuelles, le Conseil épiscopal et la Conférence des doyens régionaux. Ce mode de fonctionnement est appliqué de longue date dans le Jura pastoral, écrit Monique Rion, du Service d’information catholique de Delémont (SIC).
Le vicaire épiscopal, l’abbé Pierre Rebetez, remarque encore dans un entretien accordé à SIC que le Jura pastoral s’inspire naturellement des systèmes romands et français dans le domaine de la pastorale ou de la catéchèse. Le bénévolat est également très bien implanté du côté francophone. Selon l’abbé Rebetez, l’expérience du Jura pastoral se reconnaît dans nombre de principes énoncés dans le document de la consultation, parmi eux encore l’organisation des doyennés et la représentation plurielle, laïcs femmes et hommes, dans la direction diocésaine. «Peut-on prendre le risque de démanteler ici ce qui fonctionne bien?» se demande le doyenné de Delémont.
Suite aux réponses de la consultation, l’’vêché procédera aux retouches du concept dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2004, c’est-à-dire à la fin de la période de fonction des doyens régionaux actuels. (apic/sic/pierre rottet)



