Le dialogue oecuménique doit venir de l’essence même de l’Eglise
Baar: 300 participants à la journée sur le dialogue oecuménique au Centre des Focolari
Baar, 5 février 2007 (Apic) Plus de 300 personnes ont participé samedi 3 février à la rencontre oecuménique «Licht-Blick Oekumene» au centre du mouvement des Focolari de Baar, dans le canton de Zoug. Le dialogue oecuménique doit provenir de l’essence même de l’Eglise, ont laissé entendre à cette occasion Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, et le pasteur Gottfried Locher, vice-président de l’Alliance réformée mondiale (ARM).
Devant plus de 300 participants de différentes confessions, venus des trois régions linguistiques de Suisse, ainsi que d’Allemagne, Gottfried Locher a affirmé que l’Eglise doit être perçue davantage comme corps du Christ que comme confession. Il a souligné la nécessité que les croyants redeviennent confiants en eux-mêmes aussi en tant qu’Eglise, car c’est un problème oecuménique universel que «nous ne sommes plus sûrs de ce qu’est l’Eglise».
Pour Mgr Kurt Koch, la raison principale de la situation difficile de l’oecuménisme aujourd’hui vient de ce que l’on n’a pas pu arriver à une compréhension claire et forte de son but. L’évêque de Bâle ne conçoit pas l’oecuménisme simplement comme un consensus, mais comme quelque chose qui doit provenir de l’intérieur même de l’Eglise. Fondant théologiquement la compréhension catholique de l’Eglise, il a souligné la vocation chrétienne fondamentale dans le Baptême, le rassemblement de l’Eglise dans l’Eucharistie et l’Eglise comme peuple de Dieu, dont la tête est le Christ, le ministère appartenant par essence à l’Eglise catholique.
Pour lui, la question ecclésiologique centrale du cheminement oecuménique réside dans la manière dont la Parole de Dieu est transmise et vécue aujourd’hui à travers le monde. Et de relever que les structures ne sont pas parmi les éléments essentiels de l’Eglise, mais que son contenu propre consiste avant tout dans les sacrements du Baptême et de l’Eucharistie.
Gottfried Locher part lui aussi de l’essence de l’Eglise. Il plaide avec force pour une Eglise qui se comprenne comme Corps du Christ et qui soit aussi en tant que telle visible pour les humains. En ce sens, l’Eglise ne doit pas d’abord faire quelque chose, mais être quelque chose. Elle doit se manifester en particulier par l’attention aux faibles et à ceux qui souffrent, par la lutte contre les toutes-puissantes structures de ce monde, de manière à redonner sens et espérance aux humains qui en sont privés, et à rendre crédible la voie du salut.
Les autres points du programme de cette journée ont été la présentation de réalisations concrètes dans les différentes Eglises. Clara Squarzon, co-responsable du mouvement Focolari en Suisse, a émis le souhait que soit créé un espace où partager et approfondir les expériences dans le domaine de l’oecuménisme. Elle s’est dite convaincue que malgré la crise présente dans les Eglises aussi bien que dans le domaine de l’oecuménisme, un nouveau départ est possible. (apic/bl/js)



